Entretien sur France Musique avec Michel Orier, Directeur du Festival



Du 5 au 18 juillet, l’amour résonnera un peu partout à Montpellier et son agglomération, au Corum, à l’Opéra Comédie ou encore au Domaine d’O. Michel Orier, son directeur, nous éclaire sur la construction du programme d’un tel rendez-vous.

L’AMOUR, L’AMOUR, L’AMOUR

En premier lieu, pourquoi le thème de l’Amour pour cette 41e édition ? « Ce monde a besoin d’amour, répond simplement Michel Orier. Nous avons commencé à travailler autour de la production de Tristan et Isolde et nous avons décidé de tirer ce fil-là. Cela nous donnera l’occasion de feuilleter quelques sublimes pages du romantisme. Ce qui nous guide, c’est le dialogue avec les artistes. Il faut que les choses puissent se marier avec intelligence, empathie et passions communes. Les artistes choisis sont non seulement de grands artistes, mais qui savent aussi construire quelque chose pour le public en fonction de ce qui les anime intérieurement, et ça, c’est vraiment percutant« .

L’amour ne passera pas seulement par la musique romantique, mais aussi par une programmation variée : « Pour le jazz, ce sont un peu les mêmes recettes. Personnellement, ce qui me guide dans ce répertoire, c’est le chant intérieur. Pouvoir présenter Charles Lloyd, qui doit avoir 83 ou 84 ans, qui est l’un des plus beaux saxophonistes ténors de l’histoire, c’est une vraie joie« , confie-t-il.

LA VILLE COMME TERRAIN DE JEU

Dans une période où les budgets alloués à la culture sont en chute libre dans nombre de collectivités, Michel Orier estime que le Festival Radio France Occitanie Montpellier est relativement épargné. « Je tiens à saluer l’effort des collectivités publiques sur cette édition. Montpellier et la région Occitanie sont très engagées pour la culture. L’État aussi est à nos côtés. Nos efforts de réinvention ont été salués. Nous avons développé nos publics, notre taux de fréquentation est très important. C’est la clé« , commente le directeur.

« Nous sommes également aidés par des mécènes, par des entreprises : cela forme un trio vertueux qui permet au prix des billets de rester stable« , explique Michel Orier, qui poursuit : « Montpellier – avec 30 villes en son sein – est une grande métropole maintenant. C’est une ville extrêmement dynamique et très engagée sur le plan de la culture, ce qui est essentiel pour nous. Nous y sentons une grande effervescence et une appétence pour découvrir de nouveaux interprètes, de nouvelles pages musicales. C’est un terrain de jeu formidable« .


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AFFICHE MONTPELLIER RADIO FRANCE
note d'intention

Michel Orier - Directeur du Festival

AIMER

Le temps manque à l’Amour. Ou le contraire. Et pour un festival comme le nôtre, c’est un prétexte magnifique pour relire quelques-unes des plus belles pages de l’histoire de la musique.

 

Il y a d’abord les amours impossibles, ceux des couples maudits, Roméo et Juliette, Didon et Enée, et bien sûr Tristan et Isolde, chef d’oeuvre absolu de Wagner « dont la beauté a tout empoisonné » disait Debussy. Ce sera le coeur du festival qui donnera à cette édition, par sa distribution prestigieuse, des airs de Bayreuth au bord du Lez. Une musique d’une évidence implacable qui vous saisit dès les premières mesures.

Et puis il y a les amours moins funestes, intranquilles ou joyeuses, qui vont nourrir les partitions du romantisme, thème sous-jacent de cette 41e édition. Mendelssohn, Schubert, Schumann, Brahms et Mahler, même Beethoven d’une certaine façon avec sa Pastorale qui célèbre l’amour de la nature et qui ne répond déjà plus aux canons du classicisme. Tout un embrasement du sentiment capable de transporter le monde au-delà de lui-même, territoire privilégié de la voix dont ce sera le grand retour cet été.

 

On y trouvera Jamie Barton, Stuart Skelton, Anja Kampe, Marianne Crebassa, Matthias Goerne, Marie-Nicole Lemieux, Stéphane Degout ou ce magnifique haute-contre, Reinoud Van Mechelen, et Camille avec sa nouvelle aventure sym­phonique. Nous avons convié quelques-uns des plus beaux orchestres, au premier rang desquels l’Orchestre du Festival de Budapest, phalange d’orfèvre patiem­ment ciselée par Ivan Fischer, qui l’a hissée au premier rang, ou la Deustche Kammer Philharmonie de Brême, l’ensemble Pygmalion de Raphaël Pichon, entre deux visites à Salzbourg, nos amis des Siècles, l’Orchestre National de France qui nous donnera la Cinquième de Mahler sous la baguette d’un jeune chef de haute volée en la personne de Thomas Guggeis, le « Philar » de Radio France avec son nouveau directeur musical dont ce sera le premier séjour ici et bien sûr notre formidable orchestre national de Montpellier pour une Pathétique proposée par Roderick Cox.

 

Les grands interprètes y seront présents Hillary Hahn, Sergei Babayan, Mikhaïl Pletnev, Alexandre Kantorow, Bertrand Chamayou, Renaud Capuçon, Christian-Pierre La Marca aux côtés de toutes celles et ceux qui sont les étoiles de demain, Arielle Beck ouvrant le bal.

Pour le Jazz, on parlera de « love supreme » avec Kenny Garrett, Charles Lloyd, Bill Frisell, Maria Schneider ou Yom ; Ala.ni nous emmènera vers l’ailleurs et Snarky Puppy installera son groove funky au Domaine d’O.

La scène électro investira la Pinède sous les auspices immersifs de Fip, plus vivante et inventive que jamais, en son 360.

Parce que la vitalité d’un projet s’apprécie tout autant à la lumière des promesses qu’il a déjà tenues qu’à la vigueur des propositions nouvelles qu’il dessine, nous avons fait en sorte que toute cette musique coule au coeur de la cité et dans toutes les villes de l’agglomération.

Parce que ce festival est une fête, ouverte à tous, de la place de l’Europe au musée Fabre, des hôtels particuliers ouverts pour l’occasion au kiosque Bosc, de la place de l’Hôtel de ville à la Comédie, de la cour du Rectorat à la médiathèque Émile Zola, au-delà de toutes les salles de concerts requises pour l’occasion nous nous rassemblerons pour goûter ensemble ce que l’homme produit de meilleur.

Au lointain de la fureur du monde, au coeur d’un immense été, ici, à Montpellier !