BIOGRAPHIE

La musique de Maria Schneider a été décrite comme « évocatrice, majestueuse, d’une beauté à couper le souffle, épique et inclassable ». Estompant les frontières entre le jazz et la musique classique, elle compte parmi les rares artistes à avoir reçu des Grammy Awards dans plusieurs genres, récompensée dans les catégories jazz et classique, ainsi que pour sa collaboration avec David Bowie.

Depuis son premier album, Evanescence (1994), Elle a développé un langage compositionnel singulier pour son orchestre de 18 musiciens, écrivant spécifiquement pour les voix individuelles de chaque ensemble. Le groupe s’est produit dans le monde entier et Maria Schneider a dirigé plus de 90 ensembles dans 30 pays.

Son projet le plus récent, American Crow, explore une dimension cinématographique dans son travail. Sorti sous forme de clip et d’EP, l’œuvre associe une orchestration grandiose à des images saisissantes, utilisant le jazz pour illustrer l’art de l’écoute, une pratique qu’elle juge susceptible de contribuer à la guérison de notre paysage culturel fracturé. Ce projet s’inscrit dans la continuité des recherches menées par son groupe sur l’écoute collective et la puissance émotionnelle du récit pour grand ensemble.

Le double album de Schneider, Data Lords (2020), finaliste du prix Pulitzer et lauréat de deux Grammy Awards, a été désigné Album de jazz de l’année par la Jazz Journalists Association et NPR, et a reçu le Grand Prix de l’Académie du Jazz. Présenté en deux parties – The Digital World et Our Natural World –, ce projet fusionne sa vision artistique avec son engagement de longue date en faveur des liens entre technologie et culture. Comme l’a écrit Nate Chinen de NPR, il s’agit de « l’œuvre la plus audacieuse de la carrière de Schneider ».

Pionnière de la production autofinancée par les artistes, Schneider travaille depuis longtemps via la plateforme ArtistShare. En 2004, Concert in the Garden est devenu le premier enregistrement à remporter un Grammy Award grâce à des ventes exclusivement en ligne et a par la suite été inscrit au Registre national des enregistrements.

Elle a reçu de nombreuses distinctions, dont 14 nominations aux GRAMMY Awards et 7 GRAMMY Awards, le titre de NEA Jazz Master, son élection à l’Académie américaine des arts et des lettres, le prix ASCAP de musique de concert, le prestigieux prix Rolf Schock de Suède et des doctorats honorifiques de l’Université du Minnesota et de l’Eastman School of Music.

Défenseur éminent des droits des artistes, Maria Schneider a témoigné devant la sous-commission du Congrès américain sur la propriété intellectuelle et a beaucoup écrit sur les droits numériques et l’avenir de l’économie musicale.

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AFFICHE MONTPELLIER RADIO FRANCE
note d'intention

Michel Orier - Directeur du Festival

AIMER

Le temps manque à l’Amour. Ou le contraire. Et pour un festival comme le nôtre, c’est un prétexte magnifique pour relire quelques-unes des plus belles pages de l’histoire de la musique.

 

Il y a d’abord les amours impossibles, ceux des couples maudits, Roméo et Juliette, Didon et Enée, et bien sûr Tristan et Isolde, chef d’oeuvre absolu de Wagner « dont la beauté a tout empoisonné » disait Debussy. Ce sera le coeur du festival qui donnera à cette édition, par sa distribution prestigieuse, des airs de Bayreuth au bord du Lez. Une musique d’une évidence implacable qui vous saisit dès les premières mesures.

Et puis il y a les amours moins funestes, intranquilles ou joyeuses, qui vont nourrir les partitions du romantisme, thème sous-jacent de cette 41e édition. Mendelssohn, Schubert, Schumann, Brahms et Mahler, même Beethoven d’une certaine façon avec sa Pastorale qui célèbre l’amour de la nature et qui ne répond déjà plus aux canons du classicisme. Tout un embrasement du sentiment capable de transporter le monde au-delà de lui-même, territoire privilégié de la voix dont ce sera le grand retour cet été.

 

On y trouvera Jamie Barton, Stuart Skelton, Anja Kampe, Marianne Crebassa, Matthias Goerne, Marie-Nicole Lemieux, Stéphane Degout ou ce magnifique haute-contre, Reinoud Van Mechelen, et Camille avec sa nouvelle aventure sym­phonique. Nous avons convié quelques-uns des plus beaux orchestres, au premier rang desquels l’Orchestre du Festival de Budapest, phalange d’orfèvre patiem­ment ciselée par Ivan Fischer, qui l’a hissée au premier rang, ou la Deustche Kammer Philharmonie de Brême, l’ensemble Pygmalion de Raphaël Pichon, entre deux visites à Salzbourg, nos amis des Siècles, l’Orchestre National de France qui nous donnera la Cinquième de Mahler sous la baguette d’un jeune chef de haute volée en la personne de Thomas Guggeis, le « Philar » de Radio France avec son nouveau directeur musical dont ce sera le premier séjour ici et bien sûr notre formidable orchestre national de Montpellier pour une Pathétique proposée par Roderick Cox.

 

Les grands interprètes y seront présents Hillary Hahn, Sergei Babayan, Mikhaïl Pletnev, Alexandre Kantorow, Bertrand Chamayou, Renaud Capuçon, Christian-Pierre La Marca aux côtés de toutes celles et ceux qui sont les étoiles de demain, Arielle Beck ouvrant le bal.

Pour le Jazz, on parlera de « love supreme » avec Kenny Garrett, Charles Lloyd, Bill Frisell, Maria Schneider ou Yom ; Ala.ni nous emmènera vers l’ailleurs et Snarky Puppy installera son groove funky au Domaine d’O.

La scène électro investira la Pinède sous les auspices immersifs de Fip, plus vivante et inventive que jamais, en son 360.

Parce que la vitalité d’un projet s’apprécie tout autant à la lumière des promesses qu’il a déjà tenues qu’à la vigueur des propositions nouvelles qu’il dessine, nous avons fait en sorte que toute cette musique coule au coeur de la cité et dans toutes les villes de l’agglomération.

Parce que ce festival est une fête, ouverte à tous, de la place de l’Europe au musée Fabre, des hôtels particuliers ouverts pour l’occasion au kiosque Bosc, de la place de l’Hôtel de ville à la Comédie, de la cour du Rectorat à la médiathèque Émile Zola, au-delà de toutes les salles de concerts requises pour l’occasion nous nous rassemblerons pour goûter ensemble ce que l’homme produit de meilleur.

Au lointain de la fureur du monde, au coeur d’un immense été, ici, à Montpellier !