BIOGRAPHIE

Haut-lieu de la diaspora caribéenne, berceau du carnaval de Notting Hill, c’est dans l’ouest londonien que naît ALA.NI de parents originaires de La Grenade : sa mère célèbre son souvenir en cuisine et son père en jouant de la basse dans un groupe de reggae-calypso. Dès son plus jeune âge, ALA.NI creuse aussi la veine artistique : elle se rêve danseuse, étudie le théâtre, prend des leçons de ballet et se fait la voix sur les standards du Great American Songbook. Dans les pas de son aïeul Leslie Hutchinson, star du music-hall dans les années 30, ALA.NI trouve elle aussi le chemin du succès : d’abord choriste pour Blur et Mary J. Blige, en 2015, elle marque les esprits avec You & I, un premier opus aux sonorités rétros qui fait l’unanimité. Jazz, soul, folk, émotions à fleur de peau… En 2019, sa voix d’or subjugue encore dans ACCA, un disque sous forme d’ode à l’a capella qui confirme l’immense talent de la musicienne. Iggy Pop, Lakeith Stanfield ou Adrian Younge ne s’y trompent pas non plus et signent avec elle des collaborations de très haut-vol.

Mais lorsque la pandémie met le monde à l’arrêt, ALA.NI décide de s’offrir un pas de côté. Son instinct la guide sous le soleil des Caraïbes, à La Barbade, à La Grenade et surtout en Jamaïque où deux semaines se transforment vite… en deux ans ! Une valise et du temps pour vivre : ainsi ALA.NI éprouve-t-elle ce retour à l’essentiel, une soif de liberté qui amène l’urbaine à communier avec les éléments, s’abandonner à la rêverie, expérimenter l’introspection et l’immobilité, fréquenter les jams locales et les spots de surf. De retour à Paris au cœur d’un hiver froid et gris, ALA.NI convoque alors la langueur et la lumière des Caraïbes pour donner corps au répertoire de Sunshine Music, épaulée par le guitariste new-yorkais Marvin Dolly, originaire de Trinidad, et le violoncelliste-arrangeur-producteur Clément Petit (Roseaux, Asynchrone, Msaki & Tubatsi, Blick Bassy, Space Galvachers, etc). À leurs côtés, on retrouve aussi le jamaïcain Okiel McIntyre (cuivres), Jocelyn Mienniel (flûtes), Natascha Rogers (percussions) et Vincent Taeger (batterie) qui tressent pour la chanteuse des orchestrations dont l’épure souligne la sophistication.

Calypso, ragga, bossa ou rocksteady… Dans Sunshine Music, ALA.NI s’autorise de subtiles réécritures des rythmes emblématiques de l’archipel caribéen, des évocations libres qui vont jusqu’au Brésil pour faire danser sa voix cristalline dont les inflexions jazz rappellent Sade Adu comme Minnie Riperton.

Inspiré par la douceur de vivre au cœur de paysages luxuriants, Sunshine Music chante l’amour (« Something you said », « This is why », « I don’t want to hate you », « Rain on my heart »,“Ton amour”) et la nature, célébrant la vie au fil d’une poétique impressionniste avec des ballades à l’élégance intemporelle. Soul, solaire et sensuelle, ALA.NI ravive le souvenir des horizons verdoyants baignés de chants d’oiseaux (“Blue Mountain”, “Summer Meadows”), des nuits habitées par la lumière de la lune (“Hey Moon”) et de l’océan qui colle à la peau de la vie insulaire (“Seaweed”). En tant qu’enfant d’immigré.e.s ayant grandi dans une ex-puissance coloniale, ALA.NI est aussi profondément marquée par le fait de vivre pour la première fois au sein d’une majorité noire : ainsi chante-t-elle les dégâts de l’impérialisme dans “Tief”—“voleur” en patois jamaïcain—qui emprunte un sample à “The Slave” du roi du calypso Mighty Sparrow. Enfin, “The best of me” rend hommage à Tony O’Saul, regretté mentor qui l’a poussé à se dépasser, à croire en elle et en ses rêves lorsqu’elle avait onze ans.

Dix ans après ses débuts, la londonienne opère un retour en grâce avec un album qui porte son titre à merveille… Dans Sunshine Music, ALA.NI rayonne.

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AFFICHE MONTPELLIER RADIO FRANCE
note d'intention

Michel Orier - Directeur du Festival

AIMER

Le temps manque à l’Amour. Ou le contraire. Et pour un festival comme le nôtre, c’est un prétexte magnifique pour relire quelques-unes des plus belles pages de l’histoire de la musique.

 

Il y a d’abord les amours impossibles, ceux des couples maudits, Roméo et Juliette, Didon et Enée, et bien sûr Tristan et Isolde, chef d’oeuvre absolu de Wagner « dont la beauté a tout empoisonné » disait Debussy. Ce sera le coeur du festival qui donnera à cette édition, par sa distribution prestigieuse, des airs de Bayreuth au bord du Lez. Une musique d’une évidence implacable qui vous saisit dès les premières mesures.

Et puis il y a les amours moins funestes, intranquilles ou joyeuses, qui vont nourrir les partitions du romantisme, thème sous-jacent de cette 41e édition. Mendelssohn, Schubert, Schumann, Brahms et Mahler, même Beethoven d’une certaine façon avec sa Pastorale qui célèbre l’amour de la nature et qui ne répond déjà plus aux canons du classicisme. Tout un embrasement du sentiment capable de transporter le monde au-delà de lui-même, territoire privilégié de la voix dont ce sera le grand retour cet été.

 

On y trouvera Jamie Barton, Stuart Skelton, Anja Kampe, Marianne Crebassa, Matthias Goerne, Marie-Nicole Lemieux, Stéphane Degout ou ce magnifique haute-contre, Reinoud Van Mechelen, et Camille avec sa nouvelle aventure sym­phonique. Nous avons convié quelques-uns des plus beaux orchestres, au premier rang desquels l’Orchestre du Festival de Budapest, phalange d’orfèvre patiem­ment ciselée par Ivan Fischer, qui l’a hissée au premier rang, ou la Deustche Kammer Philharmonie de Brême, l’ensemble Pygmalion de Raphaël Pichon, entre deux visites à Salzbourg, nos amis des Siècles, l’Orchestre National de France qui nous donnera la Cinquième de Mahler sous la baguette d’un jeune chef de haute volée en la personne de Thomas Guggeis, le « Philar » de Radio France avec son nouveau directeur musical dont ce sera le premier séjour ici et bien sûr notre formidable orchestre national de Montpellier pour une Pathétique proposée par Roderick Cox.

 

Les grands interprètes y seront présents Hillary Hahn, Sergei Babayan, Mikhaïl Pletnev, Alexandre Kantorow, Bertrand Chamayou, Renaud Capuçon, Christian-Pierre La Marca aux côtés de toutes celles et ceux qui sont les étoiles de demain, Arielle Beck ouvrant le bal.

Pour le Jazz, on parlera de « love supreme » avec Kenny Garrett, Charles Lloyd, Bill Frisell, Maria Schneider ou Yom ; Ala.ni nous emmènera vers l’ailleurs et Snarky Puppy installera son groove funky au Domaine d’O.

La scène électro investira la Pinède sous les auspices immersifs de Fip, plus vivante et inventive que jamais, en son 360.

Parce que la vitalité d’un projet s’apprécie tout autant à la lumière des promesses qu’il a déjà tenues qu’à la vigueur des propositions nouvelles qu’il dessine, nous avons fait en sorte que toute cette musique coule au coeur de la cité et dans toutes les villes de l’agglomération.

Parce que ce festival est une fête, ouverte à tous, de la place de l’Europe au musée Fabre, des hôtels particuliers ouverts pour l’occasion au kiosque Bosc, de la place de l’Hôtel de ville à la Comédie, de la cour du Rectorat à la médiathèque Émile Zola, au-delà de toutes les salles de concerts requises pour l’occasion nous nous rassemblerons pour goûter ensemble ce que l’homme produit de meilleur.

Au lointain de la fureur du monde, au coeur d’un immense été, ici, à Montpellier !