BIOGRAPHIE

Deux amis se retrouvent aux abords de Karlsruhe, dans la Forêt-Noire. L’un est explorateur de galaxies lointaines, l’autre compositeur de fragments. Ensemble, ils créent une joie de vivre, arrangent et déconstruisent leurs créations, leurs propres formes.

Sous leurs pieds, un monde de pierre repose contre le monde vivant, touchant rivières, montagnes, sols forestiers et les premiers sentiers entre la Forêt-Noire, les Vosges et le parc naturel du Pfälzerwald. Ce monde minéral est fait de roches souterraines lisses qui tourbillonnent et se plient. Transformées à partir de leur état igné d’origine par des pressions vieilles de centaines de milliers d’années. Ce qui était autrefois tranchant est devenu doux. Les lignes deviennent des courbes, des inversions. Si l’on tentait d’en lire l’origine, ses strates, on ne saurait dire dans quelle direction le passé s’écoulait ni où le futur commençait.

La singularité d’Âme naît de ces strates — une véritable catacombe issue de la relation symbiotique entre Frank Wiedemann et Kristian Beyer. L’origine de leur collaboration, qui dure depuis plus de quinze ans, est impossible à situer précisément, tissée de rencontres fortuites, d’introductions décisives et d’une curiosité sans limites. Ils ne sont pas tant définis par leur passé que par ce qui reste à venir.

Dans leur partenariat, leurs doubles identités font partie intégrante de leur art : Frank, le compositeur, moteur créatif derrière le live, et Kristian, l’explorateur en tant que DJ — chacun de ses sets-marathons étant un voyage et une vision. Ensemble, leur production est une synthèse de mélodies, de rythmes et d’arrangements que seule une relation sincère et active peut faire naître.

Leur label Innervisions incarne la métamorphose de leur expression et de leurs forces combinées. La quête de nouveauté de Kristian et la production dense de Frank prennent forme dès 2005. D’influencés, ils deviennent influents : des intérêts communs naît un label, puis une maison d’édition, les fêtes mythiques Lost in a Moment, une boutique et une société de distribution à Berlin sous le nom de Muting the Noise, ainsi qu’une agence de booking, Temporary Secretary.

À l’image d’atomes répétant une structure ancestrale, chaque entité partage les caractéristiques fondamentales de Frank et Kristian. Chaque nouvelle incursion dans l’industrie est marquée par la même attention au détail et une exploration constante de l’univers musical, qui en devient presque sacralisée.

Délibérément, chacun de leurs projets ne connaît pas de limites. Leur quête musicale existe tant que l’opportunité de créer demeure. Chaque composition, chaque production et chaque performance live constitue l’aboutissement d’expériences et d’expérimentations — un processus infini.

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AFFICHE MONTPELLIER RADIO FRANCE
note d'intention

Michel Orier - Directeur du Festival

AIMER

Le temps manque à l’Amour. Ou le contraire. Et pour un festival comme le nôtre, c’est un prétexte magnifique pour relire quelques-unes des plus belles pages de l’histoire de la musique.

 

Il y a d’abord les amours impossibles, ceux des couples maudits, Roméo et Juliette, Didon et Enée, et bien sûr Tristan et Isolde, chef d’oeuvre absolu de Wagner « dont la beauté a tout empoisonné » disait Debussy. Ce sera le coeur du festival qui donnera à cette édition, par sa distribution prestigieuse, des airs de Bayreuth au bord du Lez. Une musique d’une évidence implacable qui vous saisit dès les premières mesures.

Et puis il y a les amours moins funestes, intranquilles ou joyeuses, qui vont nourrir les partitions du romantisme, thème sous-jacent de cette 41e édition. Mendelssohn, Schubert, Schumann, Brahms et Mahler, même Beethoven d’une certaine façon avec sa Pastorale qui célèbre l’amour de la nature et qui ne répond déjà plus aux canons du classicisme. Tout un embrasement du sentiment capable de transporter le monde au-delà de lui-même, territoire privilégié de la voix dont ce sera le grand retour cet été.

 

On y trouvera Jamie Barton, Stuart Skelton, Anja Kampe, Marianne Crebassa, Matthias Goerne, Marie-Nicole Lemieux, Stéphane Degout ou ce magnifique haute-contre, Reinoud Van Mechelen, et Camille avec sa nouvelle aventure sym­phonique. Nous avons convié quelques-uns des plus beaux orchestres, au premier rang desquels l’Orchestre du Festival de Budapest, phalange d’orfèvre patiem­ment ciselée par Ivan Fischer, qui l’a hissée au premier rang, ou la Deustche Kammer Philharmonie de Brême, l’ensemble Pygmalion de Raphaël Pichon, entre deux visites à Salzbourg, nos amis des Siècles, l’Orchestre National de France qui nous donnera la Cinquième de Mahler sous la baguette d’un jeune chef de haute volée en la personne de Thomas Guggeis, le « Philar » de Radio France avec son nouveau directeur musical dont ce sera le premier séjour ici et bien sûr notre formidable orchestre national de Montpellier pour une Pathétique proposée par Roderick Cox.

 

Les grands interprètes y seront présents Hillary Hahn, Sergei Babayan, Mikhaïl Pletnev, Alexandre Kantorow, Bertrand Chamayou, Renaud Capuçon, Christian-Pierre La Marca aux côtés de toutes celles et ceux qui sont les étoiles de demain, Arielle Beck ouvrant le bal.

Pour le Jazz, on parlera de « love supreme » avec Kenny Garrett, Charles Lloyd, Bill Frisell, Maria Schneider ou Yom ; Ala.ni nous emmènera vers l’ailleurs et Snarky Puppy installera son groove funky au Domaine d’O.

La scène électro investira la Pinède sous les auspices immersifs de Fip, plus vivante et inventive que jamais, en son 360.

Parce que la vitalité d’un projet s’apprécie tout autant à la lumière des promesses qu’il a déjà tenues qu’à la vigueur des propositions nouvelles qu’il dessine, nous avons fait en sorte que toute cette musique coule au coeur de la cité et dans toutes les villes de l’agglomération.

Parce que ce festival est une fête, ouverte à tous, de la place de l’Europe au musée Fabre, des hôtels particuliers ouverts pour l’occasion au kiosque Bosc, de la place de l’Hôtel de ville à la Comédie, de la cour du Rectorat à la médiathèque Émile Zola, au-delà de toutes les salles de concerts requises pour l’occasion nous nous rassemblerons pour goûter ensemble ce que l’homme produit de meilleur.

Au lointain de la fureur du monde, au coeur d’un immense été, ici, à Montpellier !