dimanche 18 juillet 2021

Adriana Gonzalez soprano
Thibaut Garcia guitare
Orch. Phil. Radio France

Santtu-Matias Rouvali direction

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Journée Fiesta Latina

ALDEMARO ROMERO 1928–2007
Fuga con Pajarillo, suite n°1 pour orchestre à cordes

MANUEL PONCE 1882–1948
Concierto del Sur pour guitare et orchestre

SILVESTRE REVUELTAS 1899/1940 / PAUL HINDEMITH 1895–1963
Noche de los Mayas, suite

HEITOR VILLA-LOBOS 1887–1959
Bachianas Brasileiras n°5 pour soprano et violoncelles

Adriana Gonzalez soprano
Thibaut Garcia guitare
Orchestre Philharmonique de Radio France
Direction Santtu-Matias Rouvali

Concert diffusé en direct sur France Musique
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Aldemaro Romero (1928–2007) : Fuga con Pajarillo — Suite n°1 pour orchestre à cordes

Vénézuelien, Aldemaro Romero a commencé sa carrière en dirigeant son propre orchestre avec lequel il tourne dans les années 1940 de Cuba aux Etats-Unis. Il fondera en 1979 l’Orchestre Philharmonique de Caracas. L’idée lui était venue, en 1976, d’une œuvre pour orchestre qui mêlerait une forme classique, la fugue, à une danse populaire du Venezuela – la Fuga con Pajarillo est née, qui voyage dans le monde entier. Le pajarillo (littéralement petit oiseau) est avec le joropo la danse nationale vénézuélienne.

Manuel Ponce (1881–1948) : Concierto del Sur

Alors qu’il étudiait avec Paul Dukas à Paris, le compositeur mexicain Manuel Ponce avait déjà songé en 1926 à écrire un concerto pour le guitariste Andrés Segovia qu’il venait de rencontrer. En 1933 il rentre au Mexique en compagnie de Segovia : une amitié sans faille est née et le concerto fait son chemin dans l’esprit de Ponce. Il sera donné en première audition, avec un immense succès, par Segovia le 4 octobre 1941 à l’Auditorio del Sodre de Montevideo. Le concerto a été joué ensuite à Buenos Aires avec le même succès. Erich Kleiber était présent et c’est lui qui en dirigera la première audition à Mexico en 1944.

Le caractère très hispanique de l’œuvre ne pouvait que toucher les Uruguayens, profondément attachés à l’Espagne. Dès les premières mesures de l’allegro initial, la flûte et l’orchestre transportent l’auditeur dans une Espagne mythique où l’esprit de Manuel de Falla est bien présent. El Sur (le Sud), c’est bien l’Andalousie. L’andante a des allures de pavane ; quant à l’allegro final c’est une fête où l’hispanité toute entière s’est donné rendez-vous au Mexique.

Silvestre Revueltas (1899–1940) : La Noche de los Mayas (arrangement Paul Hindemith)

Grande figure musicale du Mexique avec Carlos Chávez, Silvestre Revueltas est l’auteur d’une œuvre aux fascinants contrastes, avec par exemple des mélodies d’une mélancolie infinie, brutalement interrompues par des musiques de foire et des danses de bastringue. Adolescent, il étudiait au Texas et jouait déjà du violon dans les cinémas et théâtres de San Antonio. Autodidacte avant tout, il s’est toujours éloigné des formes classiques et s’est affirmé d’emblée comme musicien mexicain et américain, passionné de théâtre, de ballet et de cinéma. En 1939, alors qu’il sort de l’hôpital où il était soigné pour son addiction à l’alcool, on lui propose de composer dans l’urgence la musique du film La Noche de los Mayas (La Nuit des Mayas), en tournage dans les sites archéologiques de la péninsule du Yucatán. Le scénario reprend le thème habituel des romans indigénistes latino-américains : l’intrusion d’hommes blancs dans les communautés indiennes et les drames qui en découlent. Revueltas a tiré de cette musique une suite de concert, inachevée lors de son décès en 1940. C’est le compositeur allemand Paul Hindemith qui l’a révisée et terminée, lors de son séjour au Mexique en 1946.

Heitor Villa-Lobos (1887–1959) : Bachianas Brasileiras N°5

Quand la première des Bachianas de Villa-Lobos a été créée, le titre intrigua le public, qui ne fit pas le lien avec le nom de Bach. En réalité Villa-Lobos se référait depuis longtemps au Kantor de Leipzig, jugeant par exemple le chôro brésilien « aussi bien tricoté que du Bach ». Après une première audition discrète à Rio, la cantilène qui introduit la 5ème des Bachianas a été créée avec un succès retentissant lors de la Foire Internationale de New York, le 4 mai 1939, dans le magnifique pavillon brésilien conçu par Niemeyer et Lúcio Costa, par la soprano brésilienne Bidu Sayão, grande star du Metropolitan Opera. « La lune est apparue dans l’infini du ciel et son reflet dans la mer éveille en nous une nostalgie qui rit et pleure à la fois ». Ce n’est qu’après la guerre, en 1945, que Villa-Lobos a composé la deuxième partie de la Bachianas Brasileiras N°5. Après l’aria si méditative, c’est soudain l’explosion de joie quand tous les oiseaux du sertão, la plaine aride du Nordeste brésilien, se mettent à chanter. Villa-Lobos met en musique un poème de Manuel Bandeira, sous la forme d’un martelo, un chant de la région de Cariri où les mots crépitent, exultent à un rythme d’enfer comme des onomatopées lancées dans le vent. « Irerê, mon petit oiseau du sertão du Cariri chante avec le cambaxira, le juriti, le bemtevi et le patativa. Votre chant c’est une brise qui nous va droit au cœur».

Marcel Quillevéré, producteur de la série Carrefour des Amériques (émissions diffusées sur France Musique durant les étés 2016 à 2020 — la série consacrée à Cuba fera l’objet d’un livre, à paraître chez Albin Michel en 2022).

Infos et Réservation

dimanche 18 juillet 2021
à 20:00
Durée du concert : env. 1h15min

Le Corum - Opéra Berlioz
Esplanade Charles de Gaulle

25€ / 50€ Carré Or

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