pianiste de 24 ans – Jan Lisiecki

Étoiles montantes

Montpellier
34
Le Corum
Opéra Berlioz
20:00

Une seule étape française – Montpellier – pour l’orchestre des jeunes d’Australie, un seul port d’attache – Saint-Pétersbourg – pour deux tubes du répertoire russe, un pianiste de 24 ans – Jan Lisiecki – qui partage une ascendance polonaise avec la nouvelle star des podiums, Krzysztof Urbański, 36 ans. 

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Mikhaël Glinka (1804-1857)
Ouverture de Rouslan et Ludmila
Opéra composé entre 1837 et 1842 / Créé à Saint-Pétersbourg, au Théâtre Bolchoï Kamenny, le 9 décembre 1842 / 5 minutes environ pour l’Ouverture

En 1836, Glinka décide de composer un opéra d’après le poème narratif d’Alexandre Pouchkine Rouslan et Ludmila. Mais il ne peut réaliser le livret en collaboration avec l’écrivain, puisque celui-ci est tué en duel le 10 février 1837. C’est donc Valerian Shirkov qui se charge de l’adaptation de ce conte où le vaillant Rouslan sauve la belle Ludmila des griffes d’un sorcier. L’ouverture, brillante et virtuose, contient plusieurs thèmes de l’opéra. Elle commence avec des motifs qui reparaîtront à la fin de l’acte V, lors de la scène du mariage. Quant au thème lyrique joué par les violoncelles, altos et bassons, il provient de l’air de l’acte II où Rouslan chante son amour pour Ludmila.

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Serge Rachmaninov (1873-1943)
Concerto pour piano et orchestre n° 2 en ut mineur, op. 18
Composé en 1900-1901 / Créé à Moscou le 9 novembre 1901 par le compositeur, sous la direction d’Alexandre Siloti / Dédié à Nicolaï Dahl / 33 minutes environ

Brève rencontre de David Lean (1945), September Affair de William Dieterle (1950), Sept ans de réflexion de Billy Wilder (1955), Partir, revenir de Claude Lelouch (1985), Au-delà de Clint Eastwood (2010) : en intégrant des extraits du Concerto pour piano n° 2 de Rachmaninov dans leur bande-son, ces films contribuèrent à élargir son audience. Le compositeur russe n’aurait sans doute pas imaginé que l’œuvre atteindrait une telle popularité, d’autant qu’il la composa au terme d’une période douloureuse, consécutive à l’échec cuisant de sa Symphonie n° 1 en 1897. Dès lors, il est tentant de lire le Concerto pour piano n° 2 comme les trois actes d’un « retour à la vie », bien que le compositeur n’ait jamais fait d’aveu en ce sens : souvenir des moments les plus sombres (Maestoso), espoir d’une issue favorable, mais encore ombré de doutes (Adagio sostenuto), joie d’être sorti de l’ornière (Allegro scherzando).
Pianiste virtuose, Rachmaninov se garde pourtant d’une pyrotechnie de façade, comme en témoigne l’introduction majestueuse du premier mouvement, inhabituelle dans un concerto. C’est en outre au thème lyrique et teinté de mélancolie de l’Adagio sostenuto, plus qu’aux épisodes brillants, que l’œuvre doit une grande part de son succès. Cette dimension lyrique reste présente dans le dernier mouvement, qui laisse cependant le soliste déployer une virtuosité transcendante.

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975)
Symphonie n° 10 en mi mineur, op. 93
Composée en 1953 / Créée le 17 décembre 1953 à Leningrad par l’Orchestre philharmonique de Leningrad sous la direction d’Evgeni Mravinski / 50 minutes environ

Lors de sa création, la Dixième symphonie reçoit un accueil positif, même si certains critiques soulignèrent sa noirceur. Dans ses Mémoires (éditées par Solomon Volkov d’après des propos recueillis), Chostakovitch indique que l’œuvre se référait à Staline, mort quelques mois avant la création. En 1953, il avait mentionné qu’elle exprimait « les sentiments et les passions de l’être humain ». Comme toujours chez lui, le sens de la musique instrumentale s’avère ambigu, sujet à de multiples interprétations.
Bien qu’elle comporte quatre mouvements, la Dixième symphonie s’éloigne des moules traditionnels : le premier mouvement (presque la moitié de l’œuvre, ce qui est fréquent chez Chostakovitch) est plus lent qu’à l’accoutumée ; il n’y a pas de mouvement lent, mais deux scherzos (en deuxième et troisième position). Dans le Moderato initial, les motifs tentent d’émerger sans parvenir à s’imposer. Geste récurrent chez le compositeur russe, un gigantesque crescendo aboutit à un sommet d’intensité puis se dissout rapidement, comme si de longs et violents efforts provoquaient l’exténuation.
À l’hésitation qui domine le premier mouvement s’oppose la furie de l’Allegro. L’Allegretto commence dans un esprit tout différent, avec sa valse innocente mais légèrement ironique. Un brusque contraste met en valeur l’apparition de la signature musicale du compositeur, présente dans plusieurs de ses œuvres : ré (D), mi bémol (S), do (C) et si (H). Il s’agit de l’initiale de son prénom et du début de son nom (orthographié « Schostakowitsch », à l’allemande), selon la concordance entre les lettres de l’alphabet et les notes de musique dans le solfège germanique. Ces quatre notes envahissent le discours de l’Allegretto, puis celui du finale. On devine le motif signature dans la longue section Andante, avant que l’Allegro ne l’impose clairement. Les timbales l’assènent encore ans les dernières mesures, au terme d’une farandole effrénée.

Hélène Cao

Audio et vidéo
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    Shostakovich Symphony No.10 - Fourth movement (Finale) Australian Youth Orchestra

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