Hervé Niquet et Le Concert Spirituel Berlioz 150

Plaisirs d’amour

Montpellier
34
Le Corum
Opéra Berlioz
20:00

Le Concert Spirituel et le Palazzetto Bru Zane s'associent à nouveau et proposent une rareté de Jean-Paul-Egide Martini (connu pour sa célèbre romance Plaisir d'amour) : une Messe des morts à grand orchestre dédiée aux mânes des compositeurs les plus célèbres, et jouée pour l'anniversaire de la mort de Louis XVI en 1815, à l'initiative de Louis XVIII.

Avec la complicité du Festival Berlioz, une autre rareté : la Messe solennelle de Berlioz (1824). Alors qu'il n'a que 20 ans, Berlioz compose une œuvre déjà révolutionnaire à l'histoire tourmentée. Commandée par le maître de chapelle de l’église Saint-Roch, qui offre ainsi au jeune artiste une occasion de faire valoir au public parisien ses qualités de compositeur d’ouvrages lyriques, l’œuvre est donnée pour la première fois dans cette église le 10 juillet 1825 puis redonnée à Saint-Eustache deux ans plus tard. Après que Berlioz aura déclaré avoir détruit la partition, la messe sera considérée comme perdue jusqu’à sa redécouverte, en 1992, par l’organiste et chef de chœur belge Frans Moors à Anvers. C'est John Eliot Gardiner qui lui redonne vie le 3 octobre 1993.

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Johann Paul Aegidius Martini  - 1741-1816 - Requiem pour Louis XVI et Marie-Antoinette
Peut-être composé en 1811 / Créé le 21 janvier 1815 à la basilique de Saint-Denis

De Martini, on ne connaît plus guère que Plaisir d’amour, tendre romance orchestrée par Berlioz, demeurée un « tube » de la chanson jusqu’à nos jours ! C’est oublier le rôle significatif que ce compositeur, né en Bavière, a joué dans la vie musicale française. Installé à Paris en 1765, il traverse habilement les régimes politiques successifs d’une période troublée. En 1813, alors que l’Empire s’embourbe dans des guerres qui vont précipiter sa fin, Martini postule à la succession de Grétry à l’Institut. Il remet alors une liste de ses compositions, dans laquelle figure une « Messe des morts, nouvellement composée » : il s’agit probablement du requiem déjà mentionné par les Tablettes de Polymnie en 1811. « Dédiée aux mânes des compositeurs les plus célèbres », l’œuvre est publiée au début de la Première Restauration et jouée le 21 janvier 1815, lors de la translation des dépouilles de Louis XVI et de Marie-Antoinette dans la basilique de Saint-Denis. Un an plus tard, exactement, elle est redonnée dans le même lieu lors du service anniversaire à la mémoire du souverain (guillotiné le 21 janvier 1793).

Le Requiem de Martini atteste l’influence du style italien sur la musique religieuse française du début du XIXe siècle. En témoigne l’écriture vocale des parties de solistes (air de baryton dans le Liber scriptus, duo pour soprano et ténor dans l’Ingemisco). À l’opposé, certains mouvements pour chœur et orchestre, comme le Dies irae et l’Offertoire, héritent du caractère spectaculaire des cérémonies révolutionnaires.

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 Hector Berlioz - 1803-1869 - Messe solennelle
Composée en 1824 / Créée le 10 juillet 1825 à l’église Saint-Roch à Paris, sous la direction d’Henri Valentino

En 1824, Berlioz se lance dans la composition d’une Messe solennelle alors qu’il vient de jeter sa blouse de carabin aux orties pour se vouer totalement à la musique. Jean-François Lesueur, professeur au Conservatoire avec qui il prend des cours privés, ne lui a-t-il pas prédit : « Morbleu vous ne serez ni médecin ni apothicaire mais un grand compositeur ; vous avez du génie, je vous le dis parce que c’est vrai » ? Aidé financièrement par Augustin de Pons, le jeune musicien parvient à faire créer sa messe à l’église Saint-Roch, où il entend pour la première fois l’une de ses compositions avec orchestre. La presse commente l’événement en des termes positifs. Le 22 novembre 1827, Berlioz prend la baguette pour la reprise de l’œuvre, amorçant ainsi sa formidable carrière de chef.
Pourtant, il détruit sa messe, si l’on en croit ses Mémoires. En réalité, il en donne une copie au violoniste belge Antoine Bessems, probablement en 1835. À la mort de l’instrumentiste, la partition devient la propriété de son frère Joseph, qui la laisse dans le coffre de la tribune de l’orgue de l’église Saint-Charles-Borromée, à Anvers. C’est là que l’organiste Frans Moors la découvre en… 1992 ! Encore marquée par Lesueur et Cherubini, cette Messe solennelle n’en révèle pas moins l’originalité inouïe d’un compositeur quasi débutant. Berlioz n’a pas une si piètre opinion de sa partition, puisqu’il en distillera le matériau dans la Symphonie fantastique, Benvenuto Cellini, le Requiem, la Symphonie funèbre et triomphale et le Te Deum.

Hélène Cao

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