Chœur de la Radio Lettone

Dimanche 16 juillet 2017

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Date
Dimanche 16 juillet 2017 *
Horaire
17:00 à 19:00*
Durée
02:00
Lieu
Sorèze [81] - Abbaye
*Attention nous vous informons que les horaires sont à titre indicatifs et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Gratuit

 

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JOHANN SEBASTIAN BACH 1685-1750 / KNUT NYSTEDT 1915-2014
Immortal Bach

ANTONIO CALDARA  1670-1736
Crucifixus

GIOVANNI GABRIELI  1557-1612
Symphoniae Sacrae, extrait (1615)
Deu in nomine tuo

HENRY PURCELL  1659-1695 / SVEN-DAVID SANDSTRÖM  né en 1942
Hear my prayer, o Lord

ARVO PÄRT  né en 1935
Nunc Dimittis

JOHANNES BRAHMS  1833-1897
Fest- und Gedenksprüche op. 109 

ĒRIK ESENVALDS  né en 1977
O Salutaris Hostia

ARVO PÄRT  né en 1935
Virgencita

GIOVANNI GABRIELI  1557-1612
Symphoniae Sacrae, extrait (1597)
Jubilemus singuli

ARVO PÄRT  né en 1935
Da pacem Domine


Chœur de la Radio Lettone
Sigvards Klava  direction

 

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« S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu » affirme Cioran ; n’est-ce pas le même renversement qu’opère la musique de Knut Nystedt quand elle confère l’immortalité divine à Bach ?
Déconstruisant l’air Komm, süßer Tod (1736), Immortal Bach recompose les éléments originaux pour en tirer une forme nouvelle jusqu’à une ultime lueur : « Viens, douce mort ! Viens, repos éternel ! Viens, guide-moi vers la paix ! » Immortelle, la musique de Bach a traversé les siècles pour servir de modèle. Tout comme la musique de Purcell avec ce full anthem repris par Sven David Sandström ; résonnant autrefois dans l’abbaye de Westminster, A Hear my Prayer, Oh Lord (vers 1680) est déformé en un contrepoint de plus en plus riche, qui nous conduit une fois encore à la clarté conclusive de l’accord parfait.
Motifs de croix et dissonances tragiques du Crucifixus de Caldara, guirlandes joyeuses du Jubilemus singuli et répétitions insistantes du Deus in nomine tuo de Gabrieli : habitée par les passions humaines, la musique religieuse se rapproche de la perfection céleste par ses jeux de proportion, mais exprime aussi le doute ou l’espoir, la souffrance ou la joie. « Danse à travers la vie, chante ton âme dans le Ciel », dit le proverbe estonien. Il y a quelques années, l’état de la Baltique gagnait son indépendance à l’issue de la bien nommée Révolution chantante. Car le chœur est là-bas le premier instrument, nourri de folklore local, de chants runiques d’origine finlandaise ou de danses et romances russes. Bien sûr, on reconnaît des sonorités de cloches dans le style tintinnabuli d’Arvo Pärt, mais c’est surtout une grande tendresse qui se dégage de Nunc Dimittis et de Virgencita. En 1976, puisant dans le plain-chant, dans Josquin des Prés ou Ockeghem, le compositeur découvre le pouvoir du silence, celui du matériau le plus primitif, accord, gamme, voire simple note quand celle-ci est « admirablement jouée ».
En Lettonie aussi, le chœur s’est fait gardien d’un riche patrimoine mélodique et littéraire. Dans le O salutaris Hostia d’Ēriks Ešenvalds, deux voix solistes dirigent vers le ciel la supplication de l’Assemblée, mêlant ces effets d’individualité et de collectif sans lesquels il n’y aurait pas de véritable vie polyphonique : c’est bien tout un peuple qui semble ici crier.
Poursuivons notre remontée du temps avec Brahms ; si le musicien collectionne avec avidité les partitions de Bach, Palestrina, Isaac, Eccard ou Schütz, ses Fest-und Gedenksprüche font plutôt penser à la brillante école vénitienne de la fin du XVIe siècle. Dédiée au Bürgermeister Carl Petersen à la faveur de la nomination de Brahms comme citoyen d’honneur de Hambourg, l’œuvre est d’une solennité aussi religieuse que nationaliste.
Retour au XXIe siècle avec le Da Pacem Domine d’Arvo Pärt. 11 mars 2004 : à Madrid, des bombes dans des trains font plus de 200 morts et 400 blessés. Deux jours à peine ont passé que le compositeur entreprend cette pièce à la demande de Jordi Savall. Créée le 11 mars 2005, elle est reprise chaque année pour commémorer le souvenir des victimes.

François-Gildas Tual

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