Mahler 3

Dimanche 16 juillet 2017

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Date
Dimanche 16 juillet 2017 *
Horaire
20:00 à 22:00*
Durée
02:00
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Opéra Berlioz
*Attention nous vous informons que les durée sont à titre indicatifs et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Billets de 10 à 40€

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Mahler 3

 

GUSTAV MAHLER 1860-1911
Symphonie n°3 en ré mineur


Cristina Faus, mezzo-soprano
Cor de Noies i Cor Infantil de l’Orfeó Català
(Buia Reixach and Glòria Coma, direction)
Jove Orquestra Nacional de Catalunya
Manel Valdivieso, direction

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UN COSMOS EN MUSIQUE

« Avec tous les moyens à ma disposition, créer un univers » : ainsi Mahler envisageait-il la composition de ses symphonies, toutes conçues comme un monde en soi. Contrairement à Brahms ou Bruckner qui ne laissèrent que des symphonies instrumentales illustrant la forme laissée en héritage par Haydn et Mozart, Mahler eut toujours à cœur de donner la vie à une partition inédite au moment d’aborder une nouvelle symphonie.

De la Première à la Troisième symphonie, Mahler enfle les proportions, les durées, les effectifs, à la manière d’un univers en expansion. La Troisième, à cet égard, a quelque chose de cosmique, ne fût-ce que par sa durée (il s’agit, avec Roméo et Juliette de Berlioz, de l’une des symphonies les plus développées de l’histoire de la musique) et par le nombre de ses mouvements (six, encore faut-il préciser que Mahler en avait au départ prévu sept, le dernier ayant finalement trouvé sa place à la fin de la Quatrième Symphonie).

Composée pendant les étés 1895 et 1896 dans une Komponierthäuschen (cabane à composer) que Mahler avait fait construire au bord d’un lac, à Steinbach-am-Attersee, la Troisième symphonie est conçue comme un grand poème de la nature et de la création : « Ne regardez pas le paysage, il est tout entier dans ma symphonie », conseillait le musicien à son disciple et ami Bruno Walter venu lui rendre visite. Deux étés furent en effet nécessaires pour venir à bout d’une partition que Mahler eut d’abord le projet d’intituler « Le gai savoir », en hommage à Nietzsche, mais qu’il finit par bâtir comme une symphonie sans argument littéraire ou philosophique, c’est-à-dire sans programme.

L’œuvre commence par une cosmogonie échevelée qui dure presque autant que les cinq autres mouvements réunis (et, singulièrement, est introduite par un motif des cors qui reprend le thème principal du finale de la Première symphonie de Brahms). Mouvement spectaculaire, qui fait entendre la naissance du monde, enchaîne les marches et les fanfares, et superpose des musiques de fête et de kermesse dans une ambiance de folie joyeuse. Un paisible mouvement pastoral lui succède, puis un scherzo assez développé (avec un solo de Posthorn, cor de postillon). Vient ensuite un lied, composé sur un poème extrait d’Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche, qui se situe avant une brève page conçue pour voix d’alto et chœur d’enfant, laquelle précède immédiatement le finale, vaste lac de musique qui se clôt par une apothéose.

L’orchestre de Mahler est lui aussi un continent accidenté. Avec ses plans étagés, ses sources sonores multipliées, ses instruments exhortés au lyrisme, il se déploie sans fin, glisse de l’élégie à la déploration, se crispe dans la grimace et le sarcasme : « Chez moi, même le tuba, le basson et la timbale doivent chanter », disait encore Mahler. Qui n’ira jamais plus loin dans l’hypertrophie, sachant toutefois que derrière l’apparente démesure se cache toujours, chez lui, l’attachement au détail.

La Troisième Symphonie ne fut créée intégralement que le 9 juin 1902 à Krefeld, par l’Orchestre du Gürzenich de Cologne dirigé par le compositeur, alors que Mahler avait alors déjà écrit une bonne partie de la Cinquième Symphonie (la Quatrième composée en 1900, ayant été créée en 1901).

Christian Wasselin

 Diffusé sur France Musique

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