Florent Boffard, piano

Dimanche 23 juillet 2017

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Date
Dimanche 23 juillet 2017 *
Horaire
15:00 à 16:00*
Durée
01:00
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Salle Pasteur
*Attention nous vous informons que les durée sont à titre indicatifs et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Gratuit

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80 places par concert sont proposées au public au prix de 10€.
Ces billets solidarité permettent l'accès privilégié à la salle avec le choix de sa place 15 minutes avant l'ouverture au public.
Ces billets sont en vente sur le site internet ou à la billetterie du Festival et l'intégralité de la recette est reversée à la Banque Alimentaire de l'Hérault.

 

Découvrez le programme

Dans le cadre de la Journée (R)évolution(s)


ALBAN BERG 1885-1935
Sonate op. 1

BELA BARTOK 1881-1945
Sept Bagatelles op. 6, extraits

ANTON WEBERN 1883-1945
Variations op. 27

ARNOLD SCHÖNBERG 1874-1951
Suite op. 25

PIERRE BOULEZ 1925-2016
Sonate n°1

 

Florent Boffard piano

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« [Schönberg] est le vrai conservateur : il donne naissance à une révolution pour pouvoir être réactionnaire », écrit Hanns Eisler en 1924 au sujet de son ancien professeur. Remarque perfide ? Plutôt sagace, sur la démarche d’un compositeur alors considéré comme un iconoclaste. Au moment où Eisler publie ces lignes, Schönberg franchit une étape capitale : pour la première fois, il fonde la totalité d’une œuvre (en l’occurrence la Suite pour piano op. 25, créée en 1924 à Vienne) sur une série dodécaphonique, c’est-à-dire formée à partir des douze notes de la gamme chromatique. Il souhaite ainsi obtenir une unité et une cohérence disparues avec l’effondrement du système tonal, sapé, au cours du XIXe siècle, par la présence de plus en plus abondante de chromatisme, de modulations et de dissonances. Parallèlement, il revendique son attachement à la tradition en se référant à la suite de danses baroque et au romantisme (l’Intermezzo).
Selon lui, la dissolution de la tonalité est une conséquence logique et inévitable de la marche de l’Histoire. Ses élèves Webern et Berg lui emboîtent le pas. Dans la Sonate pour piano de Berg, créée en 1911 à Vienne, le chromatisme, la gamme par tons et les empilements de quartes remettent en cause l’harmonie des siècles précédents, construite sur la superposition de tierces. L’œuvre n’en conserve pas moins le plan habituel d’un premier mouvement de sonate avec ses trois parties (exposition, développement, réexposition).
À la même époque, les Bagatelles de Bartók, créées en 1908 à Berlin par le compositeur, sont également perçues comme une œuvre d’avant-garde, même si leur auteur affirme que son langage possède des racines tonales. Fait révélateur, Schönberg les cite dans son Traité d’harmonie de 1911 car il y voit un exemple de dissonances ne pouvant se résoudre selon les règles de l’harmonie classique. Cependant, le Hongrois avait suivi un chemin tout différent, nourri de son étude des folklores d’Europe de l’Est.
La concision des Bagatelles est une particularité partagée par les Variations op. 27 de Webern, créées en 1937 à Vienne. Le compositeur, obsédé par la recherche de symétrie, utilise une série dodécaphonique divisée en groupes de trois sons possédant chacun la même structure. Il exploite aussi la technique du canon et du miroir, agents d’unité et de prolifération musicale.
Quand Boulez compose sa Sonate pour piano n° 1, que crée à la RTF Yvette Grimaud en 1946, il vient de découvrir Schönberg et Webern. On devine l’influence de ce dernier dans les staccatos dispersés du second mouvement, et dans l’absence de nostalgie du langage tonal. Le jeune Français (Boulez a 21 ans !) livre une œuvre hérissée de violents contrastes, où s’affirme déjà son goût pour un jeu saccadé et virtuose. En 1945, peu avant la mise en chantier de cette sonate, Bartók commentait ses propres Bagatelles en ces termes : « Dans ces pièces, un nouveau style pianistique apparaît en réaction à l’exubérance de la musique pour piano romantique du XIXe siècle : un style débarrassé de tous les éléments décoratifs inutiles ». On pourrait en dire autant de Boulez.

Hélène Cao

Artistes présents

 Diffusé sur France Musique

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