M. Bouchkov, violon - C-P La Marca , violoncelle - P. Cassard, piano

Vendredi 21 juillet 2017

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Date
Vendredi 21 juillet 2017 *
Horaire
18:00 à 19:00*
Durée
01:00
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Salle Pasteur
*Attention nous vous informons que les durée sont à titre indicatifs et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Gratuit

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80 places par concert sont proposées au public au prix de 10€.
Ces billets solidarité permettent l'accès privilégié à la salle avec le choix de sa place 15 minutes avant l'ouverture au public.
Ces billets sont en vente sur le site internet ou à la billetterie du Festival et l'intégralité de la recette est reversée à la Banque Alimentaire de l'Hérault.

 

Découvrez le programme

FERDINAND RIES 1784-4838
Trio pour violon, violoncelle et piano en ut mineur op. 143

NIELS GADE 1817-1890
Trois Novelettes pour violon, violoncelle et piano op. 29

FELIX MENDELSSOHN 1809-1847
Trio pour violon, violoncelle et piano n°1 en ré mineur op. 49

 

Marc Bouchkov violon
Christian-Pierre La Marca violoncelle
Philippe Cassard piano

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Felix Mendelssohn et la renaissance du trio avec piano

« Il existe présentement dans la musique de piano une branche très-importante, complètement négligée, telle que les trios, quatuors ou autres morceaux avec accompagnement d’instruments à cordes, et j’éprouve grandement le besoin d’avoir quelque chose de nouveau dans ce genre. » (Felix Mendelssohn cité par Ferdinand Hiller, Félix Mendelssohn-Bartholdy, Lettres et souvenirs)


Enfant prodige, pianiste, compositeur, chef d’orchestre, Mendelssohn (1809-1847) est issu d’une des dynasties intellectuelles les plus importantes de Prusse : ami de Lessing, son grand-père Moses Mendelssohn (1729-1786) est connu comme l’un des philosophes majeurs des Lumières ; et si sa sœur Fanny n’a pas la postérité de son frère, elle est célébrée de son vivant comme une pianiste et une compositrice hors pair. En 1839, lors de la création de son Trio pour violon, violoncelle et piano op. 49, Felix a trente ans ; sa carrière musicale est à son apogée : unanimement reconnu comme un des compositeurs majeurs de son temps, il est également chef d’un des plus grands orchestres d’Allemagne, le Gewandhaus de Leipzig — depuis 1835. C’est par le biais de cette institution fameuse qu’il crée nombre de ses œuvres, dont le 1er février 1840, le Trio op. 49 en compagnie de Ferdinand David au violon et de Karl Wittmann au violoncelle.
La position centrale occupée par Mendelssohn dans le paysage musical allemand lui permet de rencontrer et de révéler au public toute une génération de jeunes compositeurs européens. Via son poste de chef du Gewandhaus, Felix découvre un jeune compositeur danois, Niels Gade (1817-1890). Ce dernier lui envoie la partition de sa Symphonie n°1, œuvre pour laquelle Mendelssohn éprouve une grande admiration, qu’il crée à Leipzig en 1843. Après ce chaleureux premier échange, Niels Gade devient à vingt-six ans l’assistant de Mendelssohn au Gewandhaus, lui succédant à sa mort en 1847. Son parcours offre de nombreuses similitudes avec celui de Mendelssohn : enfant prodige issu d’une famille de mélomanes (son père est luthier), la création de sa Symphonie n°1 par Mendelssohn lui confère une renommée internationale ; mais après un an au Gewandhaus (qui lui permet également de rencontrer Robert Schumann) la guerre éclate entre la Prusse et le Danemark obligeant Gade à revenir à Copenhague. Il décide alors de reprendre en main la vie musicale de sa ville en réorganisant la Société Musicale, et participe à la diffusion musicale. Sur le modèle mendelssohnien, le musicien élargit le répertoire de son orchestre, allant de la redécouverte de la musique de Bach à la création contemporaine, dont sa propre œuvre.
Si Ferdinand Ries (1784-1838) n’a pas connu personnellement Mendelssohn, de vingt-cinq ans son cadet, il évolue dans les mêmes sphères intellectuelles et artistiques. Originaire de Bonn, il est — comme Felix — issu d’une illustre famille : son grand-père Johann Ries (1723-1784) est trompettiste, violoniste et ténor à l’Orchestre de la Cour de l’Électeur de Bonn ; son père Franz Anton est un prodige du violon ; il a notamment pour élève le jeune Beethoven, et son statut de premier violon de l’Orchestre de la Cour de l’Électeur de Bonn en fait un notable profondément respecté. Au sein de cette dynastie musicienne, Ferdinand se révèle être un prodige tant comme pianiste que comme compositeur. Envoyé à Vienne pour étudier avec Beethoven, il devient son confident et son intermédiaire avec les éditeurs et les institutions musicales lorsque la surdité du Maître complique les échanges. La carrière de Ferdinand Ries le mène à Londres où, nommé chef à la London Philharmonic Society en 1815, le jeune chef commande à Beethoven sa Symphonie n°9 ; le musicien est également un des professeurs de piano les plus réputés de la capitale britannique, et devient directeur du Lower Rhenish Music Festival à son retour en Allemagne en 1825.
Le genre du trio connaît un essor inédit dans la première moitié du XIXe siècle en Allemagne ; le grand nombre de compositeurs aussi connus comme pianistes peut expliquer cette attirance, les formations mêlant piano et cordes détrônant même le quatuor à cordes si répandu quelques décennies plus tôt. Ainsi, le Trio op. 49 de Mendelssohn rencontre une grande popularité dès sa création ; Robert Schumann, dans la Neue Zeitschrift für Muzik, en fait une critique élogieuse : « C’est le maître trio de notre époque, comme ceux de Beethoven en si bémol et en ré, et celui de Franz Schubert en mi bémol l’étaient de leur temps ». L’héritage des deux maîtres cités par Schumann est palpable à l’époque, expliquant peut-être la discrétion des compositeurs de la génération de Mendelssohn dans le genre de la musique de chambre. Celui-ci est ainsi un des premiers à « oser » creuser le sillage laissé par Beethoven et Schubert, participant au renouveau du genre.
« J’éprouve une véritable jouissance à rendre ce morceau ; et les artistes l’aimeront, car il les aidera à briller », confie le compositeur à son ami Ferdinand Hiller. Le but avoué du Trio op. 49 est de montrer chacun des instruments du trio sous son meilleur jour : ainsi le lyrisme du deuxième mouvement, digne d’un Lied, permet-il une véritable communion des trois instruments ; le Scherzo qui lui succède, fidèle au goût de Mendelssohn pour le féerique, rappelle l’univers fantastique du Songe d’une nuit d’été et son langage d’une extrême virtuosité.
Les cinq Novelettes op. 29, composées par Niels Gade en 1853 et publiées en 1855, sont dédiées à Ferdinand Hiller, ami commun de Gade et Mendelssohn. Ces courtes pièces de caractère traduisent l’influence de la musique de Schumann dans l’œuvre de Gade et rappellent des cycles comme les Kreisleriana (1838) ou les Waldszenen (1849). Comme dans le Trio op. 49 de Mendelssohn, la partie de piano déploie des possibilités nouvelles, bien loin d’un simple accompagnement.
L’amitié de Ferdinand Ries avec Beethoven a joué défavorablement sur sa postérité, éclipsant l’œuvre d’un compositeur pourtant prolifique, notamment dans le domaine de la musique de chambre (on lui connaît vingt-six quatuors). Son Trio op. 143 est créé en 1826 ; dans cette œuvre dédiée à Mme de Luttichau, membre d’une des familles les plus anciennes de la noblesse saxonne, la différence de génération entre Ries et Mendelssohn ou Gade se fait entendre : à la liberté poétique des Novelettes de Gade répond la rigueur formelle du Trio op. 143, où l’influence de son ami Beethoven transparaît notamment dans l’écriture orchestrale du piano.
Initié en Allemagne dans les années 1830, le renouveau de la musique de chambre est ainsi un révélateur de la société musicale allemande où l’émulation autour de grandes figures comme Felix Mendelssohn occasionne la création d’un répertoire nouveau, synonyme de partage artistique.

Elisabeth Hochard
 

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