Dialogue(s) et Mémoire(s) #3 - Musique tzigane d’Europe centrale

2018-07-20 00:00:00

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Date
Vendredi 20 juillet 2018
Horaire
16:30 à 23:00*
Durée
6:30
Lieu
Rivesaltes [66] - Mémorial du Camp de Rivesaltes
*Attention nous vous informons que les durées sont à titre indicatif et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Gratuit

Programme

16h30 - Trio Cuniot / Yulzari  / Girard

Denis Cuniot piano
Rémy Yulzari contrebasse
Bruno Girard violon

Conception, direction artistique, arrangements : Bruno Girard

Musiques tsiganes d'Europe centrale.


Danses roumaines, hora, sirba, doïna, jouées par les Lautari, musiciens ambulants : pièces issues du répertoire de Ion Petre Stoïcan, violoniste disparu en 1977. Ce répertoire est constitué de pièces essentiellement moldaves et dans un style ancien peu pratiqué aujourd'hui. En effet le répertoire a tendance à se « balkaniser », les jeunes jouent maintenant un répertoire plus proche des musiques issues du répertoire serbe, macédonien, turc ou bulgare qui convient mieux à l'amplification et l'électrisation des instruments (synthétiseurs, guitares et violons électrifiés, batterie et percussions diverses), répertoire plus propices à la danse moderne actuelle.

Pièces du violoniste Ion Dragoï, issues du folklore roumain.

Deux chansons écrites par Bruno Girard dans la langue romanès, et qui depuis ont été reprises par des chanteurs ou chanteuses tsiganes. Le répertoire en effet s'appauvrit avec la disparition des anciens et la montée des mouvements évangélistes qui répriment les anciennes chansons au profit d'un répertoire en lien avec la foi et dont les paroles et musiques n'ont plus grand chose à voir avec le socle originel du répertoire roumain ou hongrois.

Quelques pièces issues du répertoire hongrois et transylvanien dans la forme traditionnelle : romance, csardas et frisca (partie rapide).
 

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18h - Dan Gharibian Trio

Antoine Girard accordéon
Bruno Girard violon
Dan Gharibian chant et guitare

Avec sa sublime voix rauque et charismatique, Dan Gharibian a conçu un spectacle composé de :
Chansons tsiganes chantées en russe et en romanès
Valses swing chantées en romanès  
Chants grecs et arméniens
Hommage au swing manouche de Django Reinhart

Hè Tchavalei, Ta Milava, Bister Odjès Kay Nachèl, Tavès Bartalo, Trapèzimou, Maminka, Naz Ouni, Didav A Dro Souné, Stomping At Decca, Opa Tsupa, Niè Bouditiè, Aven Nachass Tussa etc.


19h30 - Conférence Jean-François Bourgeot
Les Tsiganes au Cinéma


21h30 - Projection Latcho Drom
Film de Tony Gatlif - 1992 - 100mn

 

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Dans le cadre de Dialogue(s) et Mémoire(s) #3 Musiques Tsiganes  - Mémorial du Camp de Rivesaltes

Depuis trois ans, le Festival propose un projet musical spécifique en résonance avec le travail de mémoire développé par le Mémorial et en lien avec les principales populations qui ont été internées au Camp de Rivesaltes : Harkis, Juifs, Tsiganes et Espagnols.
En 2018, ce sont les musiques tsiganes qui font l’objet d’une série de concerts et de rencontres au Mémorial le 20 juillet, mais également à Castelnaudary et Alénya avec Haïdouti Orkestar et le 21 juillet avec Tatiana Samouil et David Lively

Mémorial du Camp de Rivesaltes


Conférence Jean-François Bourgeot

De cette proposition, j’ai choisi l’angle le plus évident : comment est représenté le Tsigane, en tant qu’individu, groupe ou peuple, à travers le spectacle cinématographique. Une restriction qui ne simplifie pas notablement la recherche. Car il faudrait avoir tout répertorié et tout visionné concernant cette présence à l’écran, depuis les origines et le cinéma forain, jusqu’à nos jours.
J’ai choisi arbitrairement un parcours d’une vingtaine d’œuvres de fiction, tant issues du cinéma populaire que du cinéma dit d’auteur, pour tenter d’apercevoir quelques constantes et quelques évidences.
Première évidence, le Tsigane n’a jamais quitté l’écran depuis « Campement de Bohémiens », film perdu de Georges Méliès (1896), qu’il soit traité de façon folklorique, à grand renfort de stéréotypes, ou de façon mieux documentée, et ce jusqu’à nos jours, avec une large mise en évidence après la désintégration de l’Union Soviétique. Cette grande minorité d’Europe semble moins ostracisée par le cinéma que par les sociétés dans lesquelles ces cinémas s’expriment.
Deuxième constat important, même quand la communauté tsigane est traitée de façon superficielle, par le scénario ou la typologie des personnages, on peut parler de bienveillance à son égard. Comme s’il existait une connivence naturelle entre l’art du cinéma et une communauté d’abord reconnue pour l’abondance de ses artistes et la force de son caractère.
Pour sa capacité de dissidence, il est même une véritable source d’inspiration pour les auteurs des pays de l’Est où la culture tsigane a été particulièrement bien conservée. La figure du « hors la loi sympathique » joyeusement prolifère.
Nous évoquerons également les représentations cinématographiques de deux héroïnes majeures de la littérature française, la Esmeralda de Victor Hugo et la Carmen de Prosper Mérimée, qui ont donné naissance à la figure de la gitane comme femme superlative.


Latcho Drom - Bande-annonce - Film de Tony Gatlif - 1992 - 100mn
 

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