Andrei Korobeinikov

Dimanche 23 juillet 2017

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Date
Dimanche 23 juillet 2017 *
Horaire
17:30 à 18:30*
Durée
01:00
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Opéra Berlioz
*Attention nous vous informons que les horaires sont à titre indicatifs et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Billets de 12 à 18€

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Révolution du piano et de l'esprit


FRANZ LISZT
1811 - 1886  
Grosse Concert-Phantasie über spanische Weisen
Années de pèlerinage, 2e année « Italie », extraits
Sonnets de Pétrarque n° 104 et n° 123
Sonate en si mineur

 

Andrei Korobeiniko, piano
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Liszt, l’Europe et les révolutions

Né en Hongrie à une époque où celle-ci n’était qu’une partie de l’empire d’Autriche dépourvue d’autonomie politique, Franz Liszt (Liszt Ferenc pour les Hongrois) fut élevé dans la langue allemande puis, à partir de son arrivée à Paris en 1823, pratiqua assidûment le français. Il était encore à Paris lorsqu’éclata la révolution de 1830 (qui lui inspira les esquisses d’une Symphonie révolutionnaire, laquelle deviendra l’Héroïde funèbre), mais c’est d’Ukraine et de Weimar qu’il entendit les rumeurs de celles de 1848 qui embrasèrent une grande partie de l’Europe. Artiste longtemps nomade, esprit européen nourri de Goethe, Hugo et Dante, Liszt était chez lui un peu partout et on ne s’étonnera pas que sa musique se ressente de cet esprit à la fois chevaleresque et vagabond.
L’Espagne ne tient pas le premier rang dans son inspiration, même si le seul opéra qu’il nous a laissé est intitulé Don Sanche ou le château d’amour (1825). Mais on lui doit plusieurs pièces pour piano d’influence espagnole dont une Rhapsodie espagnole (1863), qu’on ne confondra pas avec la Grosse Concert-Phantasie über spanische Weisen (Grande fantaisie de concert sur des thèmes espagnols) de dix ans antérieure. Une page virtuose, qui fait se succéder cinq parties appuyées sur des rythmes de danse (fandango, jota, cachuca, fandango de nouveau, cachuca de nouveau) et une coda spectaculaire.
C’est également en 1853, à Weimar, que Liszt a donné forme à un projet qui lui tenait depuis longtemps à cœur : celui d’une sonate pour piano qui, à l’encontre de celles de Beethoven, composées de trois ou quatre mouvements, aurait les contours d’un vaste poème conçu d’un seul élan et formé de séquences enchaînées sans interruption, la structure de l’œuvre procédant davantage de l’évolution des humeurs du compositeur (à l’image de l’Humoresque de Schumann ou de la Wanderer Fantasie de Schubert) que d’une forme donnée a priori. On a souvent dit que cette sonate, qui fut créée à Berlin par Hans von Bülow, faisait partie des œuvres de Liszt illustrant le mythe de Faust, auquel cas il faudrait attribuer tel thème révolté à Faust, tel motif sarcastique à Méphistophélès, etc. Mais au-delà des thèmes-personnages, c’est la construction de la sonate et ses changements d’éclairage qui en font l’audacieuse beauté.

Liszt a également cultivé la mélodie et le lied, et à ce titre a utilisé des poèmes allemands et français, mais il a également mis en musique plusieurs textes italiens, parmi lesquels trois sonnets dus à Pétrarque (1304-1474). Ces trois pages figurent dans une version pour piano seul dans la deuxième des Années de pèlerinage (composée à partir de 1839 et mise au point en 1849) où le musicien opère, comme l’écrit Brigitte François-Sappey, « une fascinante synthèse entre la chanson d’amour italienne, les airs émus de l’opéra bellinien et des madrigalismes éloquents dignes de Gesualdo ou Monteverdi ». À cinq siècles de distance, il réinvente l’amour que portait le poète à sa Laure idéale. On en écoutera deux, le Sonnet 104, passionné (« Paix je ne trouve et n’ai à faire guerre », dit le poème original) et le Sonnet 123, apaisé (« Je vis sur terre des images angéliques »).

Christian Wasselin

 

Artistes présents

 Diffusé ultérieurement sur France Musique

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