Quatuor Gerhard - metropole

2018-07-20 00:00:00

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Date
Vendredi 20 juillet 2018
Horaire
19:00 à 20:00*
Durée
1:00
Lieu
Saint-Brès [34] - Église Saint-Brice
*Attention nous vous informons que les durées sont à titre indicatif et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Gratuit

Programme


MAURICE RAVEL  1875-1937
Quatuor à cordes en fa Majeur  
Allegro moderato
Assez vif. Très rythmé
Très lent
Vif et agité

 

LUDWIG VAN BEETHOVEN  1770-1827
Quatuor à cordes n°3 en ré Majeur opus 18 n°3 
Allegro
Andante con moto
Allegro 
Presto

 

Quatuor Gerhard
Lluís Castán Cochs 
violon
Judit Bardolet Vilaró  violon
Miquel Jordà Saún  alto
Jesús Miralles Roger  violoncelle

 

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Héritage et Modernité

Le quatuor à cordes « épreuve » des compositeurs ? Selon les mots de Pierre Boulez, « La tradition du quatuor à cordes s’est maintenue très forte car la plupart des compositeurs importants de la première moitié du XXe siècle ont utilisé ce mode d’expression. […] Le quatuor à cordes reste une épreuve, au sens initiatique du terme. »

C’est dans la ville de Vienne, où séjourne Beethoven depuis 1792, que ses premiers quatuors voient le jour. Admiré par la haute société, le jeune musicien bénéficie d’une sécurité matérielle : « Il fut très largement soutenu par la noblesse et bénéficia autant que n’importe quel autre jeune artiste de l’attention et du respect de la haute aristocratie », rapporte Carl Czerny, un de ses élèves. Beethoven est à peine âgé de 28 ans lorsqu’il aborde le quatuor, et commence déjà à ressentir les premières atteintes de la surdité. La maladie ne l’empêche pas de révolutionner l’écriture pour un genre encore ancré dans les modèles de ses prédécesseurs. Le jeune musicien succède à Mozart et à Haydn, alors considéré à Vienne comme le « père du quatuor » et dont il a été l’élève. Les quatuors de l’Op. 18 incarnent la première manière du compositeur et sont dédiés au prince Lobkowitz. Leur écriture est faite de ruptures, de discontinuités, en prônant l’émancipation des formes préexistantes afin de briser le cadre traditionnel des quatre mouvements, organisés autour d’un mouvement lent central et d’un menuet. Nécessitant de l’interprète une technique accentuée par la difficulté d’écriture, le quatuor à cordes acquiert une dimension virtuose nouvelle et destine peu à peu ce genre, auparavant réservé aux dilettantes, à de véritables professionnels.

Au lendemain de la défaite de Sedan, la Société Nationale de Musique (SNM) proclame la renaissance de l’art instrumental français, comme en témoigne sa devise « Ars Gallica ». Jusqu’alors davantage fascinés par la virtuosité instrumentale ou par l’opéra, les musiciens français, profondément marqués par la guerre franco-prussienne de 1870, tentent de favoriser un nouvel élan pour des genres considérés comme inhérents à la musique allemande : le quatuor à cordes et la symphonie. Peu représenté en France – à l’exception de celui livré par Edouard Lalo, ou des oeuvres chambristes de Onslow –, le quatuor émerge et connaît, dès la fin du XIXe siècle, une période d’essor. Ravel est à peine âgé de 27 ans lorsqu’il compose pour ce genre à la réputation ardue. C’est sous l’influence de Debussy que le musicien aborde le genre par l’utilisation de divers modes de jeu et de formes : comme son aîné, le jeune compositeur insère des pizzicati dans le deuxième mouvement, une sourdine dans le troisième et utilise le procédé cyclique, soit la résurgence d’un thème dans les divers mouvements, afin de les unifier. Son quatuor est créé le 5 mars 1904 à la SNM et immédiatement comparé par la critique à son aîné : « Une ressemblance incroyable à tel point que, tout le temps qu’on l’écoute, on chante soi-même, et malgré soi, Pelléas et Mélisande », note ainsi Pierre Lalo.

Lara Bader


Artistes présents

Nom Mise à jour