Sur les Chemins de Saint-Jacques

2018-07-25 00:00:00

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Date
Mercredi 25 juillet 2018
Horaire
21:00 à 22:00*
Durée
1:00
Lieu
Cahors [46] - Cathédrale Saint-Etienne
*Attention nous vous informons que les durées sont à titre indicatif et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Billets de 13 à 19€

Informations - Réservations
06 08 00 83 60

Programme


JOHANN SEBASTIAN BACH  1685-1750 / KNUT NYSTEDT  1915-2014
Immortal Bach
 

PĒTERIS VASKS  né en 1946
Mother Sun  
 

HENRY PURCELL  1659-1695 / SVEN-DAVID SANDSTRÖM  né en 1942
Hear my Prayer, o Lord
 

ĒRIK ESENVALDS  né en 1977
A Drop in the Ocean
 

JOHANNES BRAHMS  1833-1897
Fest- und Gedenksprüche
 

ARVO PÄRT  né en 1935
Nunc Dimittis
 

VYTAUTAS BARKAUSKAS  né en 1931
Stabat mater
 

ĒRIK ESENVALDS  né en 1977
O Salutaris Hostia
 

ARVO PÄRT  né en 1935
Virgencita
 

PĒTERIS VASKS  né en 1946
The Tomtit’s Message
 


Chœur de la Radio Lettone
Sigvards Klava 
direction

 

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Lumières baltiques

Le Chœur de la Radio lettone est fidèle au festival après plus de 25 ans. La célébration de l’Indépendance de sa patrie (1918) est l’occasion d’un voyage vers la Baltique, à la découverte de musiciens trop souvent éclipsés par l’ombre tutélaire du voisin Arvo Pärt…


Estonie d’Arvo Pärt, Norvège de Knut Nystedt, Lettonie de Pēteris Vasks et d’Ēriks Esenvalds, Lituanie de Vytautas Barkauskas : autant de nations malmenées par les conflits du siècle passé, dont l’indépendance est régulièrement contestée par la toute-puissance soviétique et qui, sur un plan musical, restent à découvrir. Depuis les années 1980, l’émergence d’une identité commune puise un nouveau souffle dans une spiritualité panthéiste, étrangère aux avant-gardes occidentales.


Quoi de commun entre le Letton Pēteris Vasks, fils d’un pasteur baptiste marqué par Penderecki, l’organiste norvégien Knut Nystedt, l’Estonien Arvo Pärt, voix à l’étranger de la culture baltique, si ce n’est un sens de la spiritualité immédiatement perceptible : Immortal Bach reprend le choral Komm süsser Tod (Viens, douce mort) du Cantor de Leipzig, d’abord énoncé sans modification puis progressivement transformé, transfiguré par le croisement polyphonique des voix. Arvo Pärt, lui, invoque l’influence du style grégorien dans son esthétique : « Je découvris tout un monde qui m’était inconnu : sans harmonie, sans mètre, sans couleur sonore, sans orchestration, sans rien. (…) Avec le chant grégorien, les lignes avaient une âme. » Au chant médiéval, il emprunte la diversité de ses inspirations religieuses, à l’instar de Nunc Dimittis (2001), qui relate la présentation de Jésus au Temple, ainsi que la réduction du matériau à l’essentiel : « La profusion et la variété ne font que me troubler et je dois rechercher l’unité Qu’est-ce que ce un, et comment puis-je y accéder ? » Virgencita, composé pour le Mexique en 2001, privilégie la compréhension du texte et l’économie des lignes mélodiques jusqu’au silence. En 1990, Vytautas Barkauskas associe expression religieuse et engagement politique, en faisant de son Stabat Mater un plaidoyer pour l’indépendance de la Lituanie, alors que son pays demeure encore sous le contrôle soviétique. Sous la plume d’Esenvalds, cette spiritualité se fait mystique, lorsqu’il évoque le devenir de Mère Teresa dans A Drop in the Ocean (2006), le sacrifice de la religieuse prenant corps via des jeux de timbres (souffles, murmures sifflements) : « Mon œuvre n’est rien d’autre qu’un saut dans l’Océan ».


Le sentiment de la nature est le deuxième fil qui unit les sons de la Baltique. L’œuvre de Pēteris Vasks lui donne une présence irradiante dans Mother Sun (1975), les voix éparses perçant la polyphonie tels les rayons de l’astre. L’éphémère humain opposé à l’intemporalité de la nature constitue le sujet de The Tomtits Message (Le Message de la mésange) (2004), où le texte du poète letton Uldis Berzins est exalté par un chant folklorique traditionnel, que Vasks entrecroise avec un choral, souvenir de son identité familiale autant que nationale.


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Depuis près d’un millénaire les rythmes et les chants accompagnent les pèlerins sur la route de Compostelle. À l’occasion de la Journée du 20e anniversaire de l’inscription des « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France » sur la Liste du patrimoine mondial, cinq concerts étapes sont proposé en cinq lieux emblématiques du Chemin français, à St-Gilles, Montpellier, Sainte-Foy de Conques, Arles-sur-Tech, Cahors et Villeneuve d'Aveyron.


La route de Compostelle, un chemin de musique et de piété

Il y a 800 ans, les pèlerins de Compostelle inventaient le tourisme en même temps que la randonnée. De France comme d’Angleterre, d’Espagne ou d’Italie, convergeant vers les reliques de Saint Jacques, ils faisaient la fortune du lieu, mais contribuaient aussi, tout le long des chemins, à la richesse des sites qu’ils traversaient, dont la splendeur témoigne à présent : Vézelay, Conques, le Puy, Montpellier ou Saint-Gilles…

C’est vers l’an 815 qu’un ermite de Galice a une vision. Mené par une pluie d’étoiles, il découvre ou invente, sur le lieu d’un cimetière romain, le tombeau de l’apôtre Jacques, frère de Jean, pourtant décapité en Palestine huit siècles plus tôt. La translation miraculeuse de son corps l’aurait mené, par Gibraltar, jusqu’au nord de l’Espagne. Compostelle – campus stellarum : champ d’étoiles, selon l’étymologie populaire – était née. C’est là qu’un roi des Asturies, Alphonse II le Chaste, saisissant l’occasion, fait édifier vers 830 une première église dédiée à Jacques – Sant’Iago en espagnol – abritant ses supposées reliques, et faisant de ce site un haut lieu de spiritualité médiévale, qui culminera au XIIIe siècle, avec la construction de l’actuelle cathédrale.

Un manuscrit fameux de ce temps en témoigne : le Liber Sancti Jacobi (Livre de Saint Jacques) dit aussi Codex Calixtinus. Il comporte aussi bien des récits de miracles attribués à l’apôtre, dans le style des hagiographies (vies de saints) contemporaines, que le récit de la translation, mais aussi un ensemble de pièces musicales, à une ou plusieurs voix. Si le mot codex désigne un livre à pages cousues, Calixtinus fait allusion au pape bourguignon Calixte, sous l’autorité duquel se placent les rédacteurs de ce chef d’œuvre. Le recueil, richement enluminé, est probablement rédigé en France vers 1150, à l’heure des premiers essais de polyphonie (superposition de plusieurs voix) de Saint Martial de Limoges. En outre, son intérêt exceptionnel tient à la vingtaine de polyphonies qu’il présente, dont un Congaudeant Catholici (« Qu’ensemble catholiques se réjouissent »), premier exemple connu de polyphonie à 3 voix.

Enfin le livre V, attribué à un moine poitevin, Aimeric Picaud, contient ce que l’on peut considérer comme le premier guide de voyage. Il décrit les routes qui, depuis Paris, Vézelay, le Puy ou Arles, mènent au camino francés, au sud des Pyrénées. Il décourage parfois le pèlerin, le mettant en garde contre la cupidité des indigènes ou la voracité des taons, tout en l’engageant à visiter les reliques qui ponctuent chaque pieuse étape de son Chemin.

    
Jean-Philippe Guye

 





 www.cheminscompostelle-patrimoinemondial.fr

 

Nom Mise à jour