Sur les Chemins de Saint-Jacques

2018-07-25 00:00:00

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Date
Mercredi 25 juillet 2018
Horaire
19:00 à 20:00*
Durée
1:00
Lieu
Saint-Gilles [30] - Abbatiale
*Attention nous vous informons que les durées sont à titre indicatif et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Gratuit

Informations - Réservations
04 66 87 33 75

Programme

TRADITIONNEL GÉORGIEN
Shen Xhar

ERIC WHITACRE  né en 1970
Lux Aurumque

TRADITIONNEL GÉORGIEN
Imeruli Makh’ruli

ANDRÉ CAPLET  1878-1925
Messe

TRADITIONNELS BASQUES
Goizeko Izarra
Ara nun diran

VELJO TORMIS  1930-2017
Incantatio maris aestuosi

FRANCIS POULENC  1899-1963
Quatre petites prières de Saint-François d’Assise

AMERICAN SPIRITUAL (Babershop)
Swing low chariot

RANDALL THOMPSON  1899-1984
Alleluia

 

Chœur de l’Armée Française
Aurore Tillac 
direction
 

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Un entretien avec Aurore Tillac

Le programme que vous interprétez rassemble des chants traditionnels et du répertoire classique. Qu’est-ce qui a motivé ce choix, et comment se sont opérés les rapprochements entre compositeurs et traditions ?
Le rapprochement est simple car le chant traditionnel est la source même de la musique savante. A titre d’exemple, le Shen Xhar, hymne à la vigne, symbole d’éternité, parle aussi de lumière et préfigure exactement l’ambiance du morceau suivant, classique, Lux Aurumque du compositeur américain Eric Whitacre.

Les répertoires savants que vous interprétez laissent une large place à la musique sacrée.
En matière de répertoire a cappella pour chœur d’hommes, nous disposons en effet d’une grande variété culturelle et musicale. Mon souhait, ici, était de proposer en grande majorité du répertoire sacré car nous nous situerons sur un site du chemin de Saint Jacques de Compostelle. Ainsi, vous verrez que l’incantation à la mer en furie est bien loin de ce que l’on imagine souvent pour le domaine sacré ! Et ce sera l’occasion d’entendre le chœur de l’Armée française dans ce répertoire magnifique qu’il défend avec brio.


La Georgie, le Pays basque, l’Amérique des églises… Comment avez-vous conçu ce voyage ?
Je trouve extraordinaire l’idée de pouvoir voyager dans le monde entier le temps d’un concert. La musique est universelle et en ce sens, malgré la diversité d’identités fortes et différentes, celles-ci servent toujours le même désir, celui de transmettre.


Ce répertoire est-il familier au Chœur de l’Armée française ?
Je rêve qu’un jour, enfin, les gens n’associent plus le répertoire du Chœur de l’Armée française au seul Chant des partisans et à la Marseillaise… D’une certaine manière, c’est comme si nous réduisions le répertoire du chœur de Radio France à la Symphonie n° 9 de Beethoven ! Bien entendu, le Chœur de l’Armée française chante pour le protocole d’Etat. C’est même une de ses fonctions principales. Mais il d’abord est composé de chanteurs professionnels recrutés sur concours au même titre que ses alter ego de Radio France. Il est donc normal qu’il puisse interpréter un répertoire extrêmement varié.


    

 

Dans les coulisses de la Garde Républicaine
Productions Tony Comiti. Auteur : Julia Le Correc , Nicolas Moscara , Richard Montrobert.


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Depuis près d’un millénaire les rythmes et les chants accompagnent les pèlerins sur la route de Compostelle. À l’occasion de la Journée du 20e anniversaire de l’inscription des « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France » sur la Liste du patrimoine mondial, cinq concerts étapes sont proposé en cinq lieux emblématiques du Chemin français, à St-Gilles, Montpellier, Sainte-Foy de Conques, Arles-sur-Tech, Cahors et Villeneuve d'Aveyron.


La route de Compostelle, un chemin de musique et de piété

Il y a 800 ans, les pèlerins de Compostelle inventaient le tourisme en même temps que la randonnée. De France comme d’Angleterre, d’Espagne ou d’Italie, convergeant vers les reliques de Saint Jacques, ils faisaient la fortune du lieu, mais contribuaient aussi, tout le long des chemins, à la richesse des sites qu’ils traversaient, dont la splendeur témoigne à présent : Vézelay, Conques, le Puy, Montpellier ou Saint-Gilles…

C’est vers l’an 815 qu’un ermite de Galice a une vision. Mené par une pluie d’étoiles, il découvre ou invente, sur le lieu d’un cimetière romain, le tombeau de l’apôtre Jacques, frère de Jean, pourtant décapité en Palestine huit siècles plus tôt. La translation miraculeuse de son corps l’aurait mené, par Gibraltar, jusqu’au nord de l’Espagne. Compostelle – campus stellarum : champ d’étoiles, selon l’étymologie populaire – était née. C’est là qu’un roi des Asturies, Alphonse II le Chaste, saisissant l’occasion, fait édifier vers 830 une première église dédiée à Jacques – Sant’Iago en espagnol – abritant ses supposées reliques, et faisant de ce site un haut lieu de spiritualité médiévale, qui culminera au XIIIe siècle, avec la construction de l’actuelle cathédrale.

Un manuscrit fameux de ce temps en témoigne : le Liber Sancti Jacobi (Livre de Saint Jacques) dit aussi Codex Calixtinus. Il comporte aussi bien des récits de miracles attribués à l’apôtre, dans le style des hagiographies (vies de saints) contemporaines, que le récit de la translation, mais aussi un ensemble de pièces musicales, à une ou plusieurs voix. Si le mot codex désigne un livre à pages cousues, Calixtinus fait allusion au pape bourguignon Calixte, sous l’autorité duquel se placent les rédacteurs de ce chef d’œuvre. Le recueil, richement enluminé, est probablement rédigé en France vers 1150, à l’heure des premiers essais de polyphonie (superposition de plusieurs voix) de Saint Martial de Limoges. En outre, son intérêt exceptionnel tient à la vingtaine de polyphonies qu’il présente, dont un Congaudeant Catholici (« Qu’ensemble catholiques se réjouissent »), premier exemple connu de polyphonie à 3 voix.

Enfin le livre V, attribué à un moine poitevin, Aimeric Picaud, contient ce que l’on peut considérer comme le premier guide de voyage. Il décrit les routes qui, depuis Paris, Vézelay, le Puy ou Arles, mènent au camino francés, au sud des Pyrénées. Il décourage parfois le pèlerin, le mettant en garde contre la cupidité des indigènes ou la voracité des taons, tout en l’engageant à visiter les reliques qui ponctuent chaque pieuse étape de son Chemin.

Jean-Philippe Guye





 www.cheminscompostelle-patrimoinemondial.fr

Nom Mise à jour