Basha Slavinska,  accordéon

Dimanche 22 juillet 2018

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Date
Dimanche 22 juillet 2018
Horaire
19:00 à 20:00*
Durée
1:00
Lieu
Le Crès [34] - Cour Maison du Patrimoine - Rue de la Meulière
*Attention nous vous informons que les durées sont à titre indicatif et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Gratuit

Programme

ANTONIO VIVALDI  1678-1741
L’Été, extrait des Quatre Saisons

 
TOMASO ALBINONI  1671-1751
Adagio en sol mineur

 
DOMENICO SCARLATTI  1685-1757
Trois Sonates

 
JOHANN SEBASTIAN BACH 
1685-1750
Toccata et fugue en ré mineur BWV 565
Chaconne en ré mineur, extrait de la Partita en ré mineur BWV 1004



Basha Slavinska  accordéon
Lauréate du Prix Spécial du Concours International Léopold Bellan, 2016
2ème Prix du Tournoi international de musique de Turin, 2016

 

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L’accordéon transcripteur : retour aux sources

 « Nous n’avons pas tout oublié, pas tout perdu. Il y a des souvenirs dans mon accordéon et quand je le presse, je les vois qui sortent. » – Juliette ou la Clé des Songes, opéra de Martinů
L’accordéon évoque d’abord le bal musette et le folklore, mais c’est oublier qu’il a été inventé vers 1830 pour inviter l’opéra dans les salons bourgeois. La transcription, qui faisait partie de son génome, fait depuis les années 1980 son grand retour en regardant vers le XVIIIe siècle.


L’accordéon excelle dans les transcriptions d’œuvres pour clavier de la période baroque, qui ne font pas encore usage de la pédale. Ceux qui le surnomment le « piano à bretelles » ne croient pas si bien dire ! Capable d’une virtuosité qui n’a rien à envier au clavecin, l’accordéon à basses chromatiques s’approprie sans problème le style italien mâtiné de tradition espagnole des sonates de D. Scarlatti. Expatrié à la cour de l’infante d’Espagne, le Napolitain fixe définitivement leur forme et lègue à la postérité plus de 550 de ces « essercizi » aussi variés en caractères qu’exigeants techniquement.
Suite à sa redécouverte dans les années 1940, le public s’enthousiasme pour le fameux Adagio en sol mineur d’Albinoni et ses multiples réutilisations (Tino Rossi, France Gall, The Doors...). Il s’agit en réalité d’une œuvre originale de Giazotto de 1945, composée d’après deux thèmes et une basse chiffrée retrouvés sur des fragments de manuscrits de la bibliothèque de Dresde endommagés au cours de bombardements alliés. Les timbres et les modes de jeu a priori antagonistes de l’orchestre à cordes et de l’orgue sont habilement mêlés dans la transcription proposée pour l’accordéon, aussi à l’aise dans les tutti dramatiques que dans les passages plus intimistes.
La « boîte à frisson » porte finalement assez bien son nom : la Toccata et Fugue en ré mineur BWV 565 le prouve. Elle aussi d’une authenticité douteuse (certains l’attribuent non à Bach mais à un de ses élèves), elle est un terrain de jeu idéal pour l’accordéon. L’écriture inspirée du stylus phantasticus lui permet ainsi de hisser sa rhétorique et son exubérance au niveau de celles de son imposant cousin. L’accordéon montre également dans la ciaccona de la Partita en ré mineur BWV 1004 qu’il peut s’attaquer au maître incontesté des instruments solistes : le violon. Sublimé en instrument polyphonique par Bach, celui-ci trouve alors en l’accordéon un adversaire de timbre... et de taille.
Enfin, l’art de la transcription pour l’accordéon trouve sa confirmation dans le concerto au sens de Vivaldi, redécouvert au XXe siècle. D’une virtuosité explosive, les Quatre Saisons sont en réalité quatre concertos pour violon associés à des sonnets de la plume du compositeur, qui font la part belle aux figuralismes. L’Eté, ou Concerto n°2 en sol mineur, op.8, met en scène la « dure saison écrasée de soleil » et le pâtre qui « craint l’orage furieux et son destin. »

Maxime Marchand


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