Quatuor Gerhard

2018-07-20 00:00:00

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Date
Vendredi 20 juillet 2018
Horaire
12:30 à 13:30*
Durée
1:00
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Salle Pasteur
*Attention nous vous informons que les durées sont à titre indicatif et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Gratuit

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80 places par concert sont proposées au public au prix de 10€.
Ces billets solidarité permettent l'accès privilégié à la salle avec le choix de sa place 15 minutes avant l'ouverture au public.
Ces billets sont en vente sur le site internet ou à la billetterie du Festival et l'intégralité de la recette est reversée au Secours Populaire Français.

Programme


MAURICE RAVEL  1875-1937
Quatuor à cordes en fa Majeur 
Allegro moderato
Assez vif. Très rythmé
Très lent
Vif et agité

 

ÉRIC TANGUY  né en 1968
Quatuor à cordes n°2 
Animé
Très lent
Très vif

 

ALBAN BERG  1885-1935
Suite lyrique 
Allegro giovale
Andante amoroso
Allegro misterioso – Trio estatico
Adagio appassionato
Presto delirando – Tenebroso
Largo desolato

 

Quatuor Gerhard
Lluís Castán Cochs 
violon
Judit Bardolet Vilaró  violon
Miquel Jordà Saún  alto
Jesús Miralles Roger  violoncelle

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Patrimoine intemporel

Depuis son berceau autrichien, le quatuor à cordes a défié les lois du temps. Se mêlant à l’effervescence de la capitale parisienne à la Belle Époque puis regagnant sa mère patrie, il demeure, selon les mots de Pierre Boulez, une « épreuve, au sens initiatique du terme ».

Au lendemain de la défaite de Sedan, la Société Nationale de Musique (SNM) proclame la renaissance de l’art instrumental français, comme en témoigne sa devise « Ars Gallica ». Jusqu’alors davantage fascinés par la virtuosité instrumentale ou par l’opéra, les musiciens français, profondément marqués par la guerre franco-prussienne de 1870, tentent de favoriser un nouvel élan pour des genres considérés comme inhérents à la musique allemande : le quatuor à cordes et la symphonie. Peu représenté en France – à l’exception de celui livré par Edouard Lalo, ou des oeuvres chambristes de Onslow –, le quatuor émerge et connaît, dès la fin du XIXe siècle, une période d’essor. Ravel est à peine âgé de 27 ans lorsqu’il compose pour ce genre à la réputation ardue. C’est sous l’influence de Debussy que le musicien aborde le genre par l’utilisation de divers modes de jeu et de formes : comme son aîné, le jeune compositeur insère des pizzicati dans le deuxième mouvement, une sourdine dans le troisième et utilise le procédé cyclique, soit la résurgence d’un thème dans les divers mouvements, afin de les unifier. Son quatuor est créé le 5 mars 1904 à la SNM et immédiatement comparé par la critique à son aîné : « Une ressemblance incroyable à tel point que, tout le temps qu’on l’écoute, on chante soi-même, et malgré soi, Pélléas et Mélisande », note ainsi Pierre Lalo.

Compositeur contemporain reconnu en France et à l’étranger, Éric Tanguy s’attache aux mystères du genre. Dans son quatuor, il développe un goût pour l’obsession et l’arborescence des motifs qui sont pour lui, « une manière envoûtante de faire tourner la mélodie autour de quelques notes ». Composé en 1999, son Quatuor n° 2 adopte un langage corrosif qui contredit l’architecture classique du genre. Centré autour d’un motif lancinant, le premier mouvement, « Animé », pourrait être rapproché d’une vague qui tournoie sans cesse, grâce au souffle ininterrompu des quatre instruments. Le deuxième, « Très lent », fait dialoguer chacun des instruments autour d’un pôle d’attraction commun. L’énergie du troisième mouvement, « Très vif », éclaire le paysage d’une couleur contrastante et installe un climat haletant.

Composée entre 1925 et 1926, la Suite Lyrique d’Alban Berg fait référence à la suite baroque par son alternance de mouvements lents et vifs – rompant avec les quatre mouvements traditionnels du genre. L’œuvre demeure l’un des emblèmes de la modernité viennoise : Berg use de séries de douze notes, technique de composition élaborée dans les années 1920, ou encore de modes de jeu inusités, sur le chevalet ou avec le bois de l’archet pour le troisième mouvement. Pour autant, la Suite lyrique n’est pas seulement un tour de force technique : son lyrisme possède une dimension autobiographique cryptée. Officiellement dédiée à Zemlinsky, c’est en fait à Hanna Fuchs, femme mariée dont Berg est alors éperdument amoureux, qu’elle s’adresse. La passion amoureuse s’y exprime grâce à de nombreux codes dont la correspondance entre les initiales des amants (H-F ; A-B) et les notes de musique (Si-Fa ; La-Sib). Les quelques mesures du Tristan de Wagner citées dans le dernier mouvement témoignent sans doute de l’impossibilité de cette union et de sa destinée tragique.

Lara Bader


Artistes présents

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Nom Mise à jour