Trio Zadig

Mardi 17 juillet 2018

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Date
Mardi 17 juillet 2018
Horaire
12:30 à 14:00*
Durée
1:30
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Salle Pasteur
*Attention nous vous informons que les durées sont à titre indicatif et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Gratuit

Réserver

80 places par concert sont proposées au public au prix de 10€.
Ces billets solidarité permettent l'accès privilégié à la salle avec le choix de sa place 15 minutes avant l'ouverture au public.
Ces billets sont en vente sur le site internet ou à la billetterie du Festival et l'intégralité de la recette est reversée au Secours Populaire Français.

Programme


GABRIEL FAURÉ  1845-1924
Trio en ré mineur op. 120
Allegro ma non troppo
Andantino
Allegro vivo

 

BENJAMIN ATTAHIR  né en 1989
Asfar (2016)
 

FELIX MENDELSSOHN  1809-1847
Trio n°2 en ut mineur op. 66
Allegro energico e con fuoco
Andante espressivo
Scherzo : Molto allegro – quasi presto
Finale : Allegro appassionato


 

Trio Zadig
Boris Borgolotto  violon
Marc Girard-Garcia  violoncelle
Ian Barber  piano
1er Prix du Concours de la FNAPEC
2ème Prix du Concours Fischoff, États-Unis
 

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La figure de l’anti-héros

Mal aimé de l’histoire, incompris de son temps ou encore personnage romanesque, la figure de l’anti-héros traverse les âges, laissant derrière elle des êtres oubliés ou rejetés, qu’ils soient artistes ou personnages fictifs.

Gabriel Fauré compose son Trio op. 120 à la fin de sa vie, alors que de graves dysfonctionnements auditifs l’empêchent de percevoir les registres graves et aigus. Cette surdité grandissante éclaire l’ultime manière du compositeur français : un retrait vers l’intime, vers le dépouillement, au risque même d’un certain ascétisme. « Mon plus grand mal, c’est une fatigue perpétuelle » déclare-t-il après avoir achevé ce trio en 1922. D’une formule d’accompagnement obsédante sur laquelle sont énoncés les deux thèmes, le premier mouvement possède quelque chose d’hypnotisant. Le deuxième mouvement invite à la rêverie amoureuse, dans un dialogue entre le violon et le violoncelle, soutenus par le balancement régulier du piano. Enfin, le dernier mouvement teinte l’œuvre d’une vivacité, signe de la fougue qui anime encore le compositeur vieillissant.

D’un personnage aux antipodes du héros il est également question dans le Trio Asfar qui « retrace la destinée de cinq notes sauvagement jetées sur le papier, cinq notes comme les cinq lettres du nom de notre anti-héros, jeté, lui, dans le monde cruel d’un Orient fantasmagorique ». C’est de Voltaire et son Zadig, dont parle le compositeur Benjamin Attahir. Asfar, qui signifie « voyages » en arabe déploie un parcours au sein d’atmosphères inquiétantes. Construit par de violents échanges entre le piano et les cordes ainsi que l’obsession motivique de cinq notes, ce voyage dépeint les atrocités d’un monde inhumain. Individu en quête de vérité, Zadig fait partie de ces êtres ayant subi malgré eux les mésaventures de la vie, et forcés d’errer à travers l’hostilité d’un univers incompréhensible.

Après en avoir été l’un des enfants prodiges, Mendelssohn, le « Mozart du XIXe siècle », selon les mots de Schumann, est lui aussi en prise avec l’incompréhension du monde musical. Ses origines juives l’exposent à d’innombrables attaques antisémites, en particulier de Wagner qui n’hésite pas à publier de virulents articles sur son œuvre. C’est pourtant bien grâce à Mendelssohn que l’on doit la défense des musiciens de son temps – au premier rang desquels Schubert, dont il défend précocement l’œuvre symphonique. Le Trio n°2 op. 66 est composé en 1845 et suscite l’enthousiasme de Schumann : « C’est le maître trio de notre époque » La vitalité du premier mouvement cède la place à une romance sans paroles dans l’Andante espressivo ; l’ardeur du scherzo n’est pas sans rappeler l’Octuor de 1825 et le Finale emprunte une mélodie de choral pour son troisième thème.


Lara Bader

Nom Mise à jour