Victor Julien-Laferrière, violoncelle

2018-07-16 00:00:00

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Date
Lundi 16 juillet 2018
Horaire
19:00 à 20:00*
Durée
1:00
Lieu
Villeneuve-les-Maguelone [34] - Église Saint-Étienne
*Attention nous vous informons que les durées sont à titre indicatif et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Gratuit

Programme

JOHANN SEBASTIAN BACH  1685-1750
Suites pour violoncelle seul
 

N°1 en sol Majeur BWV 1007 (approx. 17’)
Prélude
Allemande
Courante
Sarabande
Menuets 1 et 2
Gigue

 

N°2 en ré mineur BWV 1008 (approx. 19’)
Prélude
Allemande
Courante
Srabande
Menuets 1 et 2
Gigue

 

N°3 en ut Majeur BWV 1009 (approx. 20’)
Prélude
Allemande
Courante
Sarabande
Bourrées 1 et 2
Gigue

 


Victor Julien-Laferrière  violoncelle
1er Prix du Concours Reine Elisabeth, Bruxelles 2017
Prix spéciaux du Concours International du Printemps de Prague, 2012

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De la suite… dans les idées !

L’emploi de Bach à la cour de Köthen en 1717 amorce un tournant dans sa production : jusqu’à présent peu représentée contrairement à la musique religieuse, son œuvre instrumentale profane prend son essor dans les années 1720. La composition des six Suites pour violoncelle seul s’inscrit dans ce contexte particulier.


À l’instar des Sonates et partitas pour violon seul qui leurs sont contemporaines, les Suites pour violoncelle constituent l’un des piliers du répertoire de l’instrument tant par leur difficulté technique quasi-virtuose que par le tour de force compositionnel qu’elles constituent. Malgré le recours à un instrument par essence monodique, Bach parvient à suggérer une polyphonie riche et subtile sans pour autant jamais verser dans la sévérité : les six Suites frappent au contraire par leur lyrisme — le musicologue italien Alberto Basso y voit même une certaine « tendresse » et « délicatesse » — et leur dynamisme.

Bach choisit d’inscrire son œuvre dans une inspiration chorégraphique et s’écarte en cela des modèles rigoureux basés sur des procédés contrapuntiques savants (canon, ricercare) que ses prédécesseurs Gabrielli et Antonii avaient consacré au violoncelle seul. Chaque suite s’articule autour de quatre danses alternant tempo lent et rapide. Se succèdent ainsi une allemande, danse grave et lente à deux temps ; une courante, rapide et à trois temps ; une sarabande, à trois temps lents ; et une gigue, de tempo vif. Entre ces deux dernières peuvent s’intercaler de « petites danses » nommées Galanterien en Allemagne, le plus souvent groupées par deux, telles que le menuet, danse de cour à trois temps dans la première et deuxième suite ou la bourrée, danse d’origine rurale dans la troisième suite. Si cette inspiration chorégraphique reste tangible, Bach ne livre pas avec ce corpus une suite de pièces à danser mais offre une stylisation — d’aucun diront une sublimation —  des rythmes fondamentaux des pas et des caractères des différentes danses qui le composent.

Chacune des suites s’ouvre par un prélude plus libre, sans attache chorégraphique, consistant le plus souvent en « un langage constitué de phrases lancées, projetées en avant, non retenues, et dessinées avec une grande simplicité et légèreté d’invention » (A. Basso), doublé d’une redoutable difficulté technique. Bach tire parti de la virtuosité et de la grande valeur des musiciens de l’orchestre de la cour de Köthen et en particulier de celle de Christian Bernhard Linigke (1673-1751) qui est vraisemblablement le premier interprète de l’œuvre. En témoignent par exemple les pédales obsédantes, les figurations arpégées et les gammes du prélude de la première suite, rendu célèbre grâce à son utilisation récurrente au cinéma et à la télévision, preuve du succès jamais démenti de ce corpus emblématique.    
 

Nathan MAGRECKI


Nom Mise à jour