Journée Transcription - transmission - Opéra Junior

Jeudi 19 juillet 2018

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Date
Jeudi 19 juillet 2018
Horaire
16:00 à 17:00*
Durée
1h00
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Salle Pasteur
*Attention nous vous informons que les durées sont à titre indicatif et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Tarif Unique 10€

Programme


« L’Amour de Moy »
Chansons et transcriptions

 
 
HEINRICH POOS
  né en 1928
L’Amour de Moy
Belle qui tient ma vie


 
JOHN DOWLAND 
1563-1626
Can she excuse my wrongs
Come away


 
GABRIEL FAURÉ  1845-1924
Les Berceaux

 
CLAUDE DEBUSSY 
1862-1918
Nuit d’étoiles
Beaux soirs
Le Temps a laissé son manteau


 
MAURICE RAVEL  1875-1937
Toi, le cœur de la rose
 

FRANZ SCHÖGGL  1930-1982
Die launige Forelle, variations sur La Truite de Franz Schubert

 

Opéra Junior
Caroline Comola/Vincent Recolin  direction
Marie Arnaud piano

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L’Amour de moy

Élan et trahison, perte et retrouvailles : autant d’ethos, d’affects – en un mot, d’états – du sentiment amoureux que la musique, cette « langue plus riche, plus variée, moins arrêtée et, par son vague même, incomparablement plus puissante en pareil cas » (Berlioz) amplifie puissamment.


Émois renaissants

Rendues populaires par leurs subtiles déclarations : en 1975, le compositeur allemand Heinrich Poos transcrit deux des plus fameuses déclarations françaises : L’Amour de moy d’une part, la pavane de Toineau Arbeau, de l’autre. « L’Amour de moy s’y est enclose / Dedans un joli jardinet / Où croît la rose et le muguet / Et aussi fait la passerose. » Sur un texte anonyme d’un lettré, la première s’impose à la fin du XVe siècle comme une chanson à la mode, où, dans un jardin merveilleux, s’entrecroisent chantres de l’amour courtois et troubadours disparus. Un siècle plus tard, dans son traité consacré aux danses (l’Orchésographie, 1589), Toineau Arbeau reprend le motif de la plainte amoureuse devenue le possible prélude à la mort « Belle qui tiens ma vie / Captive dans tes yeux, / Qui m’a l’âme ravie, / D’Un sourire gracieux / Viens tôt me secourir / Ou me faudra mourir. » Reconnu à la cour élisabéthaine comme l’un des virtuoses du luth, l’anglais Dowland traverse les mêmes affres. « Mieux vaut mille fois la mort que de vivre ainsi tourmenté », chante le poète-musicien de Can she excuse my wrong ? Reçues avec une immense popularité par la cour anglaise, ses Songs n’effacent pas la frustration de Dowland de n’être pas reconnu comme l’un des savants de son siècle.


Mélodies françaises

Le rapprochement entre la culture renaissante et la France de la seconde moitié du XIXe siècle s’explique par la fascination que Fauré, Debussy ou Ravel, fervents défenseurs d’un Ars gallica, ressentent pour les chants du passé. En empruntant à la forme ancienne du rondeau dans Nuit d’étoiles, sa première mélodie éditée en 1880, Debussy manifeste sa fascination pour la poésie de Théodore de Banville : la réitération du premier vers en un refrain obstinément mélancolique donne à la pièce l’élan des scintillements étoilés, tandis qu’avec sa « triste lyre qui soupire, je rêve aux amours défunts ». En 1904, le musicien exprime plus directement encore sa fascination pour le beau siècle français, en mettant en musique les vers de Charles d’Orléans dans ses Trois chansons de France, dont l’apparent archaïsme est d’abord hommage au XVe siècle français.

Le chant de l’enfant cruel de Ravel (L’Enfant et les sortilèges) est celui d’une plainte déchirante, lorsqu’il voit s’éloigner sa princesse (« Toi, le cœur de la rose »). L’enfance est aussi le thème des Berceaux de Fauré, dont le balancement évoque les berceuses d’enfants qui ne connaîtront peut-être jamais leurs pères, éloignés sur d’immenses vaisseaux par « les horizons qui leurrent ».


Charlotte Ginot-Slacik

Nom Mise à jour