R. Van Mechelen, ténor - A Nocte Temporis - Cantates françaises

2018-07-20 00:00:00

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Date
Vendredi 20 juillet 2018
Horaire
18:00 à 19:00*
Durée
1h00
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Salle Pasteur
*Attention nous vous informons que les durées sont à titre indicatif et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Tarif Unique 10€

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Programme

MARIN MARAIS  1656-1728 
Ouverture,  extrait des Pièces en trio (Suite n°2) 

 

NICOLAS RACOT DE GRANDVAL  1676-1753
Rien du tout, cantate 

 

JEAN-PHILIPPE RAMEAU  1683-1764
Pièces de clavecin en concert,  troisième concert.
La Poplinière
La Timide
1er Rondeau
2ème Rondeau
1er Tambourin
2ème Tambourin


NICOLAS CLERAMBAULT  1676-1749
Pyrame et Thisbé, cantate


LAURENT GERVAIS  ca1670-1748
Ragotin ou la sérénade burlesque, cantate 


 

A Nocte Temporis

Reinoud Van Mechelen  ténor
Anna Besson flûte traversière baroque
Emmanuel Resche  violon baroque
Philippe Grisvard  clavecin
Salomé Gasselin  viole de gam
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Pièce dramatique, la cantate française du XVIIIe siècle revêt de multiples facettes : œuvre déchirante au paroxysme du tragique, elle sait aussi se piquer d’esprit. Elle met en évidence le rire comme élément de sociabilité à l’époque des Lumières, rappelant à l’esprit des cinéphiles le film Ridicule de Patrice Leconte (1996).


 « Bien que faite pour la chambre, [la cantate] doit recevoir du musicien la chaleur et les grâces de la musique imitative et théâtrale » (J.-J. Rousseau, Dictionnaire de musique, 1768) : avec cette définition succincte, Rousseau pose d’emblée la portée dramatique d’un genre auquel l’opéra doit beaucoup. Quoi de plus naturel que ses plus fidèles représentants cultivent un lien étroit avec le théâtre : Laurent Gervais (c.1670-1748) occupe un rôle décisif au sein des académies de Rouen et Lille ; quant à Nicolas Racot de Grandval (1676-1753), il s’associe comme dramaturge aux théâtres parisiens, après avoir suivi une troupe itinérante. On ne présente plus l’homme de théâtre qu’est Rameau : cherchant à persuader Houdar de La Motte de lui fournir un livret en 1727 dans une lettre restée célèbre, il y invoque deux de ses cantates et la manière dont il a su caractériser les passions dans sa musique. Ses danses en sont de fidèles exemples, qu’il adapte de Castor et Pollux et Dardanus pour sa 3e pièce de clavecin en concert.

Apparue en France à l’époque de la Régence, la cantate acquiert rapidement sa fortune critique avec Nicolas Clérambault (1676-1749), nom indissociable du genre. Véritable petit opéra, le compositeur parvient à y imiter la nature ou les passions de l’âme, tel un peintre. Il offre dans Pyrame et Thisbé (1716) un drame déchirant. Pyrame, découvre le voile trempé de sang de son amante Thisbé : croyant à sa mort, il se transperce de son épée avant que Thisbé, apercevant le corps inerte de son amant, ne le suive dans la mort. À l’inverse, la cantate Ragotin de Gervais emprunte au Roman comique de Scarron (1651-1657), chef-d’œuvre burlesque de la littérature du Grand Siècle évoquant les frasques d’une troupe de comédiens lors de son séjour dans la ville du Mans, « si fameuse en chapons ».
Elle conte la tenue d’une sérénade amoureuse par un avocat de province ridicule et prétentieux, dont le projet se trouve avorté par la violence d’une meute de chiens en rut ! Le burlesque des paroles est relayé par une musique volontairement maniérée, aux faux-semblants de raffinement harmonique. Dans le même registre, Rien du tout de Grandval est un pot-pourri de mélodies de cantates célèbres dont le texte original est substitué par un autre, comique.

L’art de la parodie, pratique commune à toutes les scènes d’Ancien Régime, montre comment les chefs-d’œuvre les plus sérieux sont aussi susceptibles de porter une tournure humoristique, à l’instar des œuvres d’Offenbach, véritables parodies du grand opéra français au XIXe siècle.
 

Clément Stagnol

Artistes présents

Nom Mise à jour