Journée Transcription - Transmission - Duo Jatekok - 4 mains

Jeudi 19 juillet 2018

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Date
Jeudi 19 juillet 2018
Horaire
13:30 à 14:30*
Durée
1h00
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Salle Pasteur
*Attention nous vous informons que les durées sont à titre indicatif et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Tarif Unique 10€

Programme

Concert lecture
Duo Jatekok
Naïri Badal – Adelaïde Panaget
, piano 4 mains


JOHANN SEBASTIAN BACH  1685-1750 / MAX REGER  1873-1916
Concerto brandebourgeois n°3 en sol Majeur BWV 1048
Allegro
Adagio
Allegro

Transcription pour piano 4 mains 

 

Télécharger le programme

Transcrire, arranger : ou l’art de transmettre avant l’ère Youtube
 

En 1958, on pouvait lire dans l’Encyclopédie de la musique : « Notre époque est fertile en sacrilèges commis pour la radio, le cinéma et le ballet. Ici encore, on devrait user d’un vocabulaire plus strict : appeler arrangement le travail savant et de haut style semblable à celui que fit Bach, adaptation (car ce mot a plus que l’autre la faveur du vulgaire), le détournement de biens auquel se livrent tant de philistins. » Diffusion d’œuvres rendues accessibles au plus large public ou trahison de l’intégrité artistique, quel est le geste de l’arrangeur ? Nécessité économique ? Tels apparaissent les concertos pour piano de Mozart ramenés à des effectifs chambristes. Intégration des styles musicaux ? Johann Sebastian Bach transcrivant Vivaldi afin de découvrir le style italien. Hommage aux musiciens aimés ? Liszt, infatigable prosélyte de Berlioz, de Wagner ou de Verdi. Mise en exergue de la performance mentale et digitale ? Liszt encore, réduisant au seul clavier l’espace de l’orchestre wagnérien.

Pour le philosophe Peter Szendy, l’enjeu est plus large : « Je les aime par-dessus tout, les arrangeurs. Eux qui signent dans l’œuvre, en n’hésitant pas à apposer leur nom à côté de celui de l’auteur. Or, il me semble que ce que les arrangeurs signent, c’est avant tout une écoute. Leur écoute d’une œuvre. »

Charlotte Ginot-Slacik

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Quelques mots du Duo Jatekok
 

Le titre donné à votre duo a des résonances éminemment musicales, évoquant les recueils éponymes du compositeur hongrois György Kurtág. Pourriez-vous évoquer vos débuts ?

Nous nous sommes rencontrées à l'âge de dix ans lors de nos études musicales. Nous avions la même professeure de piano Brigitte Bouthinon-Dumas qui nous faisait jouer régulièrement ensemble. Nous sommes ensuite entrées au Conservatoire National Supérieur de Paris dans les classes de Brigitte Engerer et Nicholas Angelich et avons recommencé à jouer ensemble lors d'un concours.

C'est à cette occasion que nous avons joué les Jatekok de Kurtág. La signification de ce mot "jeu" en hongrois, sa sonorité nous ont plu. Depuis nous nous sommes consacrées complètement au duo de deux pianos et quatre mains.

Vous avez choisi de mettre en lumière des transcriptions. Comment abordez-vous ce genre spécifique ?

La formation à deux pianos permet des transcriptions particulièrement réussies de chefs-d'œuvre orchestraux. Nous avons beaucoup joué Le Sacre du Printemps ou le Prélude à l'après-midi d'un faune transcrit par les compositeurs eux-mêmes. Elle en impose aussi bien scéniquement que d'un point de vue sonore. L'enjeu est de traduire au mieux la diversité de timbres de l'orchestre avec deux pianos. Il faut également faire attention à la pédale pour que les plans sonores soient bien définis. L'intérêt de la transcription à deux pianos est évidemment l'amplitude sonore et la virtuosité de ces instruments.

Vous présenterez en particulier le troisième des Concertos brandebourgeois transcrit par Max Reger. Pourriez-vous nous en dire quelques mots ?

Pour être honnête, c’est une découverte, née d’une demande du Festival. Nous avons choisi ce concerto car c'est l'un de nos préférés parmi les Concertos brandebourgeois. Les explications d'un musicologue pendant ce concert permettront d'autant mieux à l'auditoire de profiter de cette œuvre.

À 18h30, c’est un programme consacré à la musique française qui sera interprété. Quelles sont pour vous, par exemple, les enjeux propres à la réduction à deux pianos du Prélude à l’après-midi d’un faune ?

Nous avons conçu un programme autour de la musique française, car c'est un répertoire qui nous est cher. Nous commencerons avec le Prélude à l'après-midi d'un faune. Les notes tenues de la flûte, les longues lignes dans un tempo lent sont évidemment des difficultés pour le piano. Mais Debussy étant un très bon transcripteur, parfaitement connaisseur du piano. Nous jouerons ensuite la Sonate de Liszt en si mineur transcrite par Saint-Saëns. Cette version, qui a été récemment redécouverte, offre un rendu incroyable. Enfin nous terminerons avec une transcription peu connue de Carmen de Bizet réalisée par Greg Anderson. Virtuosité et sensualité sont au rendez-vous !


Charlotte Ginot-Slacik

Nom Mise à jour