Les Cris de Paris

2018-07-26 00:00:00

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Date
Jeudi 26 juillet 2018
Horaire
20:00 à 22:00*
Durée
2:00
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Opéra Berlioz
*Attention nous vous informons que les durées sont à titre indicatif et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Billets de 10 à 40€

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Programme

CARL MARIA VON WEBER   1786-1826
Concerto pour clarinette et orchestre n°1 en fa mineur op. 73


GEORGES KASTNER  1810-1867
Les Cris de Paris, grande symphonie humoristique pour solistes, chœur, orchestre et orchestre militaire
(Création)

 

Paul Meyer clarinette
Lucie Edel soprano, Titania, Une Voix
Enguerrand de Hys ténor, Le Dormeur, 2ème Crieur, Un Marchand, Une Voix
Arnaud Richard, baryton-basse  Le Promeneur solitaire, 1er Crieur, Le Portier
Solistes Opéra Junior : Méline Gros - Mathilde Pasero


Orchestre et Harmonie de la Garde Républicaine

Chœur Symphonique de Montpellier

Chef de chœur Vincent Recolin – Caroline Semont-Gaulon
Opéra Junior
Chef de chœur Vincent Recolin
Chœur Concert Spitiruel


Direction Hervé Niquet

Chef de chant Brigitte Clair 
 

AVEC LE SOUTIEN DE LA RÉGION OCCITANIE

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Lorsqu’un compositeur musicologue et théologien alsacien – contemporain de Berlioz – entreprend une histoire littéraire et musicale des cris populaires de la capitale depuis le Moyen-Âge, cela donne le pari un peu fou d’une « Grande Symphonie humoristique vocale et instrumentale » de Jean-Georges Kastner et un chef, Hervé Niquet prêt à tous les délires à la tête des forces de la Garde Républicaine. Une création précédée du plus beau des concertos romantiques pour la clarinette – Weber – et un soliste d’exception, Paul Meyer.

Entendons-nous crier Paris ?


Deux musiciens admirés par Berlioz pour un portrait de la capitale parisienne. Fasciné par les trouvailles du Freischütz de Weber, qu’il adapte aux scènes françaises, Berlioz modernise l’orchestre à partir des leçons de son glorieux aîné allemand… et d’un contemporain méconnu, Jean-Georges Kastner.

 

En 1811, Weber se rend à Munich où il rencontre le clarinettiste Heinrich Baermann. Alors que la clarinette est perçue comme un instrument direct et perçant, celui-ci possède un son chaleureux, ample, homogène. En outre, il joue depuis deux ans sur une clarinette à dix clefs (contre les cinq ou six habituelles), qui facilite le passage des aigus vers le medium et du medium vers les graves. Enfin, ce nouvel instrument offre une aisance dans les lignes chromatiques (par demi-tons), qui ouvre la voie à de nouvelles couleurs. Pour Baermann, Weber compose ses deux concertos, qui exploitent toutes les possibilités de l’instrument : rapidité, contrastes dans les registres, nouvelles sonorités. « Depuis que j’ai composé le Concertino pour Baermann, tout l’orchestre me fait une vie d’enfer pour me réclamer des concertos », écrit-il avec satisfaction. Lyrique, audacieux, le Concerto pour clarinette et orchestre n° 1 en fa majeur porte témoignage d’une amitié exceptionnelle, qui permet à Baermann d’imposer la clarinette comme l’un des instruments d’élection du romantisme.

Dans sa Biographie des musiciens, Fétis évoque Jean-Georges Kastner : « Esprit véritablement encyclopédique, nul n'était plus capable que lui de remplir ce vaste cadre de l'art et de la science des sons. » Bel hommage que celui rendu à un compositeur méconnu mais théoricien estimé qui, en 1857, annonce que « Les grandes cités ont un langage. (…) Paris, par exemple, a une voix puissante, et quiconque en a entendu les frémissements aux jours d’émeute, quiconque même a prêté l’oreille dans les temps les plus pacifiques aux mille clameurs qui se croisent dans ses rues, celui-là n’oubliera jamais ce qu’il y a de caractéristique dans le chaos sonore qui berce les loisirs du géant parisien. »
C’est dans le Traité d’orchestration de Kastner qu’en 1837, Berlioz prend ses premières leçons orchestrales. Mais l’influence de Kastner ne s’arrête pas à la théorie : en 1857, il achève sa symphonie humoristique Les Cris de Paris dont la forme hybride, entre scène lyrique et symphonie évoque l’influence de… Berlioz ! Berliozienne aussi que l’introduction aux rumeurs de la capitale par Titania, héroïne du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, auteur fétiche de la génération romantique.

Mêlant un dormeur récalcitrant aux cris des livreurs de journaux et aux rumeurs avinées des danseurs nocturnes, le texte du critique de théâtre Édouard Thierry permet à Kastner de déployer sa fantaisie orchestrale, imitant les rumeurs de la ville par des spatialisations, des superpositions instrumentales, et de faire entrer dans l’orchestre des sons inédits, parmi lesquels enclumes, fouets et grelots qui rythment les appels de la marchande de pommes de terre et d’artichauts, mais aussi un saxophone solo dont Kastner s’était fait précocement le porte-parole !


Charlotte Ginot-Slacik

 

Avec le soutien de

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Nom Mise à jour