Sur les chemins de Saint-Jacques

Mercredi 25 juillet 2018

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Date
Mercredi 25 juillet 2018
Horaire
20:00 à 22:00*
Durée
2h00
Lieu
Montpellier [34] - Cathédrale Saint-Pierre
*Attention nous vous informons que les durées sont à titre indicatif et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Billets de 15 à 20€

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Programme

CODEX CALIXTINUS (XIIème siècle)
Dum Pater Familias

DAMIJAN MOČNIK  né en 1967
(Création – Commande de Radio France)

LIVRE VERMEIL DE MONSERRAT  (XIVème siècle)
Stella splendens in monte 

MAURICE DURUFLÉ  1902-1986
Ubi caritas
Tu es Petrus

HENRYK GÓRECKI  1933-2010
Totus tuus

JACOBUS GALLUS 1550-1591
Haec est dies

PHILIPPE HERSANT  né en 1948
Viderunt omnes

JACOBUS GALLUS 1550-1591
Virginis prudent

PIERRE VILLETTE  1926-1998
Hymne à la Vierge

KARL JENKINS né en 1944
Exultate, jubilate

CLARA SCHUMANN 1819-1896
Ave Maria

JOSU ELBERDIN  né en 1976
Cantate Domino

MAURICE DURUFLÉ  1902-1986
Pater Noster

 

Chœur de Radio France
Martina Batič
direction

 

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Un pèlerinage vers Saint-Jacques

Martina Batič, vous faites actuellement vos premiers pas avec le Chœur de Radio France. Pourriez-vous nous présenter cet ensemble et la façon dont vous le percevez ?
Je suis très honorée, très heureuse que Radio France m’ait confié cette mission essentielle que la direction musicale du Chœur de Radio-France. J’espère d’abord et avant tout faire de la belle musique aux côtés de ces formidables chanteurs, tout en ayant hâte de travailler avec l’encadrement et le management de l’ensemble. Je suis également très curieuse d’apprendre une nouvelle langue, de découvrir la culture française et d’aller à la rencontre de nouvelles esthétiques.
 
Ce programme rend hommage aux chœurs religieux. Pourriez-vous nous en présenter les lignes de force, la thématique commune ?

Le souhait du festival était d’imaginer un programme autour de Saint-Jacques de Compostelle. Il y a beaucoup de manières de péleriner, tant sur un plan géographique que sur un plan personnel, mais ce trajet possède toujours une composante religieuse ou spirituelle. En outre, il s’est nourri des musiques, des chants et des danses des pèlerins de différentes nations. Le thème principal est donc évidemment la musique sacrée, particulièrement axée sur des psaumes ou d’autres types de textes religieux liés à Saint-Jacques. Nous nous sommes inspirés mélodies anciennes dans des arrangements du passé ou recomposées de façon contemporaine. En outre, le compositeur slovène Damijan Močnik a livré une nouvelle pièce, Peregrinatio, sur commande de Radio France.

La présence de la Vierge – grâce à  l’Ave Marie de Clara Schumann ou à l’Hymne à la Vierge de Pierre Villette – en est-il l’un des thèmes récurrents ?
Sur le chemin de Saint-Jacques, les pèlerins chantent des psaumes, entonnent différentes prières, dont un certain nombre renvoient à la figure de Marie. Et, par voie de conséquence, de nombreux musiciens ont écrit de magnifiques pièces à son sujet. Le thème enrichit donc l’ensemble du programme.

Vous avez souhaité mettre en regard chœurs du passé – en particulier ceux du seizième siècle- et la modernité du vingtième siècle. Quel est pour vous le sens d’un tel rapprochement ?
De façon générale, j’aime l’idée de contraste. Tantôt je la perçois comme un équilibre, tantôt comme un enrichissement. C’est la même chose en musique. Cependant, le lien entre musique ancienne et musique d’aujourd’hui est tout à fait particulier tant il réunit compositeurs et auditeurs. Connecter le passé et le futur met en lumière différentes mélodies, différents textes, différentes harmonies, et fait du concert une expérience hors norme. Celui-ci n’est pas seulement un pèlerinage vers Saint-Jacques, mais un pèlerinage à travers des ères différentes.

 

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Journée du 20ème Anniversaire de l’inscription du bien « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France » sur la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco

Depuis près d’un millénaire les rythmes et les chants accompagnent les pèlerins sur la route de Compostelle. À l’occasion de la Journée du 20e anniversaire de l’inscription des « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France » sur la Liste du patrimoine mondial, cinq concerts étapes sont proposé en cinq lieux emblématiques du Chemin français, à Nîmes, Montpellier, Sainte-Foy de Conques, Arles-sur-Tech, et Cahors.


La route de Compostelle, un chemin de musique et de piété

Il y a 800 ans, les pèlerins de Compostelle inventaient le tourisme en même temps que la randonnée. De France comme d’Angleterre, d’Espagne ou d’Italie, convergeant vers les reliques de Saint Jacques, ils faisaient la fortune du lieu, mais contribuaient aussi, tout le long des chemins, à la richesse des sites qu’ils traversaient, dont la splendeur témoigne à présent : Vézelay, Conques, le Puy, Montpellier ou Saint-Gilles…

C’est vers l’an 815 qu’un ermite de Galice a une vision. Mené par une pluie d’étoiles, il découvre ou invente, sur le lieu d’un cimetière romain, le tombeau de l’apôtre Jacques, frère de Jean, pourtant décapité en Palestine huit siècles plus tôt. La translation miraculeuse de son corps l’aurait mené, par Gibraltar, jusqu’au nord de l’Espagne. Compostelle – campus stellarum : champ d’étoiles, selon l’étymologie populaire – était née. C’est là qu’un roi des Asturies, Alphonse II le Chaste, saisissant l’occasion, fait édifier vers 830 une première église dédiée à Jacques – Sant’Iago en espagnol – abritant ses supposées reliques, et faisant de ce site un haut lieu de spiritualité médiévale, qui culminera au XIIIe siècle, avec la construction de l’actuelle cathédrale.

Un manuscrit fameux de ce temps en témoigne : le Liber Sancti Jacobi (Livre de Saint Jacques) dit aussi Codex Calixtinus. Il comporte aussi bien des récits de miracles attribués à l’apôtre, dans le style des hagiographies (vies de saints) contemporaines, que le récit de la translation, mais aussi un ensemble de pièces musicales, à une ou plusieurs voix. Si le mot codex désigne un livre à pages cousues, Calixtinus fait allusion au pape bourguignon Calixte, sous l’autorité duquel se placent les rédacteurs de ce chef d’œuvre. Le recueil, richement enluminé, est probablement rédigé en France vers 1150, à l’heure des premiers essais de polyphonie (superposition de plusieurs voix) de Saint Martial de Limoges. En outre, son intérêt exceptionnel tient à la vingtaine de polyphonies qu’il présente, dont un Congaudeant Catholici (« Qu’ensemble catholiques se réjouissent »), premier exemple connu de polyphonie à 3 voix.

Enfin le livre V, attribué à un moine poitevin, Aimeric Picaud, contient ce que l’on peut considérer comme le premier guide de voyage. Il décrit les routes qui, depuis Paris, Vézelay, le Puy ou Arles, mènent au camino francés, au sud des Pyrénées. Il décourage parfois le pèlerin, le mettant en garde contre la cupidité des indigènes ou la voracité des taons, tout en l’engageant à visiter les reliques qui ponctuent chaque pieuse étape de son Chemin.

Jean-Philippe GUYE

 





 www.cheminscompostelle-patrimoinemondial.fr

 

Nom Mise à jour