Le Sacre du printemps

Dimanche 22 juillet 2018

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Date
Dimanche 22 juillet 2018
Horaire
20:00 à 22:00*
Durée
2:00
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Opéra Berlioz
*Attention nous vous informons que les durées sont à titre indicatif et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Billets de 10 à 40€

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Programme


JOHN ADAMS  né en 1947
The Chairman Dances

MAURICE RAVEL  1875-1937
Concerto pour piano  en ré Majeur «pour la main gauche»

IGOR STRAVINSKY  1882-1971 
Le Sacre du printemps 

 

 

Bertrand Chamayou  piano
Orchestre Philharmonique de Radio France
Santtu-Matias Rouvali 
direction

 

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Fracas de la modernité

Paris, terre de modernité : telle est la patrie du Sacre du Printemps et du Concerto pour la main gauche, dont les secousses invoquent les éclats des avant-gardes autant que celles de la Première Guerre mondiale. Paris, terre d’accueil : dès les années 1980, l’esthétique inclassable de l’Américain John Adams trouve en France de puissants échos.  


En 1972, Nixon se rend en Chine rencontrer Mao. Quinze ans plus tard, Peter Sellars et John Adams tirent de cet événement politique majeur un opéra, Nixon in China, où la vacuité de la propagande maoïste n’a d’égale que le sentiment de persécution du président américain. Composé en 1985, deux ans avant, le brillant foxtrott pour orchestre The Chairman dances (le président danse) constitue la matrice de Nixon in China. Entre renouveau de l’opéra et réflexion politique, Nixon selon Adams incarne « tous les Présidents. Je l’ai pris pour qu’il soit l’archétype d’un chef d’état américain, peut-être même pas nécessairement un chef d’État, mais simplement un homme peu développé sur le plan émotionnel, qui se trouve dans une position de très grand pouvoir. »

En 1929, Maurice Ravel rencontre Paul Wittgenstein. Issu d’une des grandes familles autrichiennes, amputé du bras droit pendant la Première Guerre mondiale, le pianiste commande des œuvres destinées à sa main valide. La gageure compositionnelle et l’arrière-plan politique trouvent en Ravel un immédiat écho : défenseur d’un nationalisme sans autarcie, l’idée d’écrire pour un interprète issu des « rangs ennemis » le séduit, alors que les rumeurs d’un nouveau conflit se faisaient toujours plus insistantes. L’œuvre, noire et torturée, d’un seul tenant, dit l’impact de la guerre. Le climat grandiose, les tensions harmoniques incessantes, les superpositions rythmiques générant de perpétuels décalages, constituent l’un des rares moments de dévoilement intime du compositeur. Véritable drame orchestral, le concerto oppose un soliste menacé d’écrasement au tutti orchestral dont les fureurs percussives génèrent des timbres inouïs.

Un « massacre du printemps » rythmé par des « convulsions épileptiques et par une musique douloureusement discordante. » Ainsi le Sacre du printemps est-il évoqué en mai 1913 ! Présente-t-on désormais ce symbole de la modernité ? Lui dont les rythmes discontinus, les mélopées inspirées du folklore russe et les accords puissamment martelés par l’orchestre défient les notions traditionnelles d’unité ? Ou rappellera-t-on le témoignage de Stravinsky : « Les premières mesures du prélude tout de suite soulevèrent des rires et des moqueries. (…) Ces manifestations, d’abord isolées, devinrent bientôt générales et, provoquant d’autre part des contre-manifestations, se transformèrent très vite en un vacarme épouvantable. Pendant toute la représentation, je restai dans les coulisses à côté de Nijinski. Celui-ci était debout sur une chaise, criant éperdument aux danseurs : “dix-sept, dix-huit”. Naturellement les pauvres danseurs n’entendaient rien à cause du chaos dans la salle. Je devais retenir Nijinski par son vêtement, prêt à tout moment à bondir sur scène pour faire un esclandre. Diaghilev, dans l’intention de faire cesser ce tapage donnait l’ordre aux électriciens tantôt d’allumer, tantôt d’éteindre la lumière. »

 

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