Rhapsody in Blue

2018-07-20 00:00:00

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Date
Vendredi 20 juillet 2018
Horaire
20:00 à 22:00*
Durée
1:30
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Opéra Berlioz
*Attention nous vous informons que les durées sont à titre indicatif et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Billets de 12 à 49€

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Programme

GEORGE GERSWHIN 1898-1937

Ouverture cubaine

Concerto en Fa pour piano et orchestre
Allegro  - Adagio - Andante con moto
Allegro agitato

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Rhapsody in blue pour piano et orchestre

Un Américain à Paris

 

Louis Schwizgebel piano
Orchestre National de France
directionEmmanuel Krivine

 

AVEC L’AIDE DE LA CAISSE D’EPARGNE LANGUEDOC-ROUSSILLON

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Un Américain à Paris ?

 « Sérieux ou non, Gershwin est un compositeur, autrement dit un homme qui exprime en musique tout ce qu’il a à dire parce que la musique est sa langue maternelle. » Bel éloge que ces phrases d’Arnold Schoenberg adressées au plus francophile des compositeurs américains, dont l’œuvre inclassable a longtemps été réduite au simple divertissement.

Gershwin le novateur ? De son vivant, le précoce américain est loin de recevoir un tel accueil, lui dont le souhait aurait été d’écrire « une nouvelle œuvre qui plaise à Rachmaninov ». Ainsi, en 1925, lorsqu’il demande au russe Glazounov des conseils, Gershwin essuie un premier refus : « Vous n’avez pas assez de connaissances en théories, en contrepoint ou en orchestration. » Nouvel échec face à Ravel en 1928 pour les raisons inverses : former Gershwin, ce serait déformer sa langue, le détourner de sa culture originelle.

« Compositeur américain… Compositeur ? Américain ? » (Épitaphe personnelle). En 1932, Gershwin rentre de Cuba, emportant maracas, claves et bongos. Le musicien est si fasciné par ces sonorités que lors de la création de l’Ouverture cubaine en août, il réclame aux percussionnistes de s’installer sur le devant de la scène aux côtés du chef d’orchestre pour souligner les rythmes cubains. Huit ans auparavant, c’est par deux chefs-d’œuvre concertants qu’il avait été révélé au public américain : celui en fa, créé en décembre 1925, invoque des « gestes » musicaux emblématiques des Etats-Unis – rythmes empruntés au Charleston dans le premier mouvement, Blues dans le mouvement central, énergie rythmique de l’Allegro final. En 1924, un journal annonce un Jazz concerto. Aussitôt, Gershwin se met aussitôt à l’ouvrage. La Rhapsody in Blue réunit deux univers. Au répertoire classique, elle emprunte l’écriture pianistique, le brio virtuose. Au jazz, l’improvisation qui dramatise l’ensemble. Le compositeur retrouve ainsi l’esprit originel du concertare baroque – lutter, se diviser. Entre la vénérable musique européenne et le jazz américain, une troisième voie émerge : celle d’une musique « classique » portée par une énergie et par une stupéfiante agressivité.

Le 25 mars 1928, Gershwin embarque pour trois mois à Paris, ville d’Igor Stravinsky et de Maurice Ravel. « Mon propos est de présenter les impressions d’un Américain visitant Paris, tandis qu’il se promène dans la ville, prête attention aux bruits des rues et s’imprègne d’ambiance parisienne…. Je n’ai nullement tenté d’évoquer des scènes déterminées. Chaque auditeur peut y trouver les scènes que son imagination lui suggère. » Poème symphonique d’une vingtaine de minutes, Un Américain à Paris apparaît comme un carnet de voyage : utilisation de timbres neufs (évocation des klaxons, recours au saxophone etc.), fluidité d’une œuvre déployée d’un seul tenant, vastes proportions symphoniques. Pour l’évocation d’une querelle de taxis, Gershwin exige de véritables trompes d’automobiles. La Rive gauche inspire un langoureux solo de clarinette, tandis que la nostalgie du voyageur éloigné de son pays natal ressurgit grâce au Blues central. À Paris, le visiteur américain rêve aussi… des Etats-Unis !


Charlotte Ginot-Slacik

 


 

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