Journée Transcription - transmission - Solistes OONM

2018-07-19 00:00:00

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Date
Jeudi 19 juillet 2018
Horaire
11:00 à 12:00*
Durée
1h00
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Salle Pasteur
*Attention nous vous informons que les durées sont à titre indicatif et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Tarif Unique 10€

Programme

Transcription, transmission 
 

WOLFGANG AMADEUS MOZART  1756-1791
Concerto pour piano n°12 en la Majeur K 385p 
Transcription de Mozart pour piano et quatuor à cordes 
Allegro
Andante
Allegretto

 

JOHANNES BRAHMS  1833-1897 / MICHAEL SCHØNWANDT  né en 1953
Quatre Danses hongroises 
n°1 en sol mineur
n°3 en fa Majeur
n°19 en si mineur
n°2 en ré mineur
Transcription pour violon, clarinette, cor et piano 
 

JOHANN STRAUSS 1825-1899 / ARNOLD SCHÖNBERG  1874-1951
La Valse de l’Empereur op. 437 (Kaiserwalzer)
Transcription pour flûte, clarinette, piano et quatuor à cordes

 

Nathanaël Gouin  piano

Solistes de l’Orchestre national Montpellier Occitanie
Dorota Anderszewska - Nina Skopek  violons
Florentza Nicola  alto
Pia Segerstam  violoncelle
Michel Raynié  flûte
Andrea Fallico clarinette
Sylvain Carboni  cor
Galina Soumm  piano

 

 

 

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Transcrire, arranger : ou l’art de transmettre avant l’ère Youtube
 

En 1958, on pouvait lire dans l’Encyclopédie de la musique : « Notre époque est fertile en sacrilèges commis pour la radio, le cinéma et le ballet. Ici encore, on devrait user d’un vocabulaire plus strict : appeler arrangement le travail savant et de haut style semblable à celui que fit Bach, adaptation (car ce mot a plus que l’autre la faveur du vulgaire), le détournement de biens auquel se livrent tant de philistins. » Diffusion d’œuvres rendues accessibles au plus large public ou trahison de l’intégrité artistique, quel est le geste de l’arrangeur ? Nécessité économique ? Tels apparaissent les concertos pour piano de Mozart ramenés à des effectifs chambristes. Intégration des styles musicaux ? Johann Sebastian Bach transcrivant Vivaldi afin de découvrir le style italien. Hommage aux musiciens aimés ? Liszt, infatigable prosélyte de Berlioz, de Wagner ou de Verdi. Mise en exergue de la performance mentale et digitale ? Liszt encore, réduisant au seul clavier l’espace de l’orchestre wagnérien.

Pour le philosophe Peter Szendy, l’enjeu est plus large : « Je les aime par-dessus tout, les arrangeurs. Eux qui signent dans l’œuvre, en n’hésitant pas à apposer leur nom à côté de celui de l’auteur. Or, il me semble que ce que les arrangeurs signent, c’est avant tout une écoute. Leur écoute d’une œuvre. »


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Arrangement ou dérangement de l’œuvre ? Qui écoute les concertos de Vivaldi transcrits par Bach ou ceux de Mozart transcrit… par lui-même sait surtout que, sous la plume des maîtres, la transcription se fait transmission.

En 1782, Mozart compose son Concerto n° 12 en la majeur, qu’il transcrit presque aussitôt pour ensemble chambriste, offrant aux amateurs le moyen de s’approprier le jeune genre concertant. Familier de la transcription, qui permet alors de découvrir les œuvres de J.S. Bach et de Haendel, le compositeur salzbourgeois s’avère un ardent prosélyte de l’arrangement. En réunissant concerto et quatuor à cordes, les deux genres alors prédominants à Vienne, Mozart renforce l’intimité de son œuvre. En outre, sa transcription accentue la signification émotionnelle du concerto : quelques mois auparavant, l’ami Jean-Chrétien Bach était décédé. Mozart rend hommage à ce proche en citant dans le mouvement central le thème d’une ouverture du « Bach de Londres ». Hommage musical à un contemporain connu pour sa virtuosité, ultime révérence à un compositeur alors mésestimé, ou adieu à un maître qui lui avait fait découvrir enfant, le genre du concerto ?

Sur les vingt et unes Danses hongroises que Brahms écrivit pour piano à quatre mains entre 1852 et 1869, trois furent orchestrées directement par lui. Cette liberté du musicien allemand envers son œuvre est aujourd’hui réinvestie par Michael Schønwandt qui associe au traditionnel duo violon-piano, clarinette et cor, deux des instruments emblématiques de Brahms.

Schönberg, père tutélaire de la modernité européenne, est bien connu. Son attachement aux symboles de l’Autriche, sa terre natale, demeure à redécouvrir. En 1925, il dirige à Barcelone des interprètes autrichiens dans une œuvre particulièrement emblématique : la Valse de l’Empereur (Kaiserwalzer) qu’en 1889, Johann Strauss fils avait dédiée à François-Joseph Ier d’Autriche et à Guillaume II d’Allemagne, afin de célébrer la culture germanique. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que la valse – transcrite à partir de Strauss ou réinventée par l’atonalité de Pierrot Lunaire – apparaisse comme l’un des innombrables fantômes autrichiens qui habitent l’œuvre de Schönberg : « Mon mérite est d’avoir écrit une musique véritablement nouvelle qui, de même qu’elle est issue de la tradition, est destinée à devenir une tradition. »

Charlotte Ginot-Slacik

 

 

 Diffusé sur France Musique

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