Made in France 

2018-07-13 00:00:00

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Date
Vendredi 13 juillet 2018
Horaire
20:00 à 22:00*
Durée
2h00
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Opéra Berlioz
*Attention nous vous informons que les durées sont à titre indicatif et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Billets de 10 à 40€

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Programme

« Made in France »

 

ERIK SATIE  1866-1928 / CLAUDE DEBUSSY  1862-1918
Gymnopédies n°1 et 3
Version pour orchestre
 

CAMILLE SAINT-SAËNS  1835-1921
Concerto pour piano et orchestre n°2 en sol mineur op. 22*
Andante sostenuto
Allegro scherzando
Presto

 

ERNEST CHAUSSON  1855-1899
Soir de fête, poème symphonique op. 32
 

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EMMANUEL CHABRIER  1841-1894
Joyeuse marche 
Bourrée fantasque -
Version Charles Koechlin


FRANCIS POULENC  1899-1963
Concerto pour 2 pianos et orchestre FP 61 * **
Allegro ma non troppo
Larghetto
Allegro molto

MAURICE RAVEL  1875-1937
La Valse, poème chorégraphique
 


Orchestre national Montpellier Occitanie
Marzena Diakun  direction
David Kadouch  piano*
Guillaume Bellom  piano**

 

AVEC L'AIDE DE FDI GROUPE

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Un orchestre français ?
Après la défaite contre la Prusse en décembre 1870, l’émergence d’une symphonie « à la française » s’impose à des musiciens tels que Camille Saint-Saëns ou Vincent D’Indy par le biais d’une Société Nationale de Musique. Quarante ans plus tard, la vitalité retrouvée des pièces orchestrales témoigne du pari réussi des aventureux compositeurs et de la solidarité restaurée entre les musiciens : Saint-Saëns et D’Indy, Chausson et Chabrier, Debussy et Satie constituent autant de fronts communs pour l’orchestre français. 
 

Émergence d’un style français 
« Le comité eut l'idée de donner une séance extraordinaire. (…) L'effet de cette séance fut prodigieux. L'illustre auditoire ne cherchait pas à cacher sa surprise. On pouvait donc faire un programme intéressant avec des compositions nouvelles, signées de noms français ! », raconte Camille Saint-Saëns. En 1868, il achève son Concerto pour piano en sol mineur, dont la virtuosité exalte l’époque glorieuse des « briseurs de piano », ces idoles parisiennes des années 1830 : Kalkbrenner, Moscheles ou Liszt. Témoignage de la culture encyclopédique du musicien, le concerto concilie l’hommage à Bach dans l’entrée fulgurante du soliste (inspiré des grandes toccatas pour orgue) autant que la référence à Chopin. 

« Je ne puis te le dire assez. Je ne connais personne foutu de camper sur ces pattes un quatuor de cet ordre-là. C’est le Pays que tu honores. » En 1891, cette lettre de Chabrier à D’Indy redit avec éloquence l’enjeu politique de la musique française. C’est d’ailleurs à son ami que Chabrier dédie la Joyeuse Marche (1889), composée deux ans avant sa célèbre Bourrée fantasque (1891). Imitation musicale du rire en musique, celle-ci dévoile l’une des qualités récurrentes de l’École française, l’humour, alors même que le jeune Satie venait d’achever ses Gymnopédies (1888). Dans cet hommage distancié à la Grèce antique, le prometteur mais désargenté Satie devait trouver une aide providentielle en son ami Debussy qui, en 1897, décide d’attirer l’attention du public en orchestrant deux des quatre pièces. 

 

Modèles, contre-modèles
Pour ou contre Wagner ? À chaque musicien français, le dilemme se pose devant ce « coucher de soleil pris pour une aurore », selon le mot cruel de Debussy. Auteur du Roi Arthus sous influence wagnérienne, Ernest Chausson le dépasse dans son Soir de fête (1898). Ni œuvre à programme, ni musique pure mais « esquisse de caractère », la pièce précède, par son flou volontaire, les impressions rêveuses des Images de Debussy.    

« Prenez un modèle, imitez-le. Si vous n’avez rien à dire, vous n’aurez rien de mieux à faire que de copier. Si vous avez quelque chose à dire, votre personnalité ne paraîtra jamais mieux que dans votre inconsciente fidélité. » Ces mots de Ravel auraient pu être ceux de Poulenc, lui dont le Concerto pour deux pianos (1932) multiplie les références. Jazz parisien, sonorités exotiques et réminiscences mozartiennes fusionnent pour renouveler le genre concertant. 

Apparente légèreté d’une part, mélancolie perceptible de l’autre : en 1920, le souvenir des fastes viennois sert de prétexte à Ravel pour convoquer les souvenirs de Strauss, père et fils, ceux de l’Empire des Habsbourg englouti par la Première Guerre mondiale comme autant d’ombres d’un passé révolu. Car le climat a changé : la guerre et sa cohorte de défunts ont fait leur œuvre. L’hommage se double d’un désespoir perceptible. La Valse se précipite en un vaste tourbillon vers sa propre destruction, en une course à l’abîme prémonitoire et glaçante. 

Charlotte Ginot-Slacik

 Diffusé sur France Musique

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