Le piano russe - Récital Lukas Geniusas

Jeudi 20 juillet 2017

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Date
Jeudi 20 juillet 2017 *
Horaire
18:00 à 20:00*
Durée
02:00
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Opéra Berlioz
*Attention nous vous informons que les horaires sont à titre indicatifs et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Billets de 15 à 30€

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Le Piano Russe

 

SERGE RACHMANINOV  1873-1943
Prélude en sol Majeur op. 32 n°5
 

SERGE PROKOFIEV  1891-1953
Sonate n°2 en ré mineur op. 14
Allegro non troppo
Allegro moderato
Andante
Vivace
 

VSEVOLOD ZADERATSKY  1891-1953
Prélude et fugue n°3 en sol Majeur
Prélude et fugue n°2 en la mineur
 

SERGE PROKOFIEV  1891-1953
Sonate n°5 en do Majeur op. 38/135 - (2ème version 1952-53)
Allegro tranquillo
Andantino
Un poco allegretto
 

SERGE RACHMANINOV  1873-1943
Prélude en sol dièse mineur op. 32 n°12
Prélude en ré bémol Majeur op. 32 n°13

 

Lukas Geniušas,  piano

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Piano russe

Pianiste d’exception, Rachmaninov nourrit une admiration profonde pour Chopin. C’est par référence aux vingt-quatre Préludes de ce dernier qu’il en laisse aussi vingt-quatre : 1892 pour le premier (le fameux Prélude en ut dièse mineur, si demandé du public que Rachmaninov le jouait à presque tous ses bis), puis les dix préludes de l’opus 23 terminés en 1903, enfin les préludes de l’opus 32 (1910). Études tableaux, Moments musicaux, Préludes, Variations sur un thème : Rachmaninov se sent plus à l’aise dans les cycles que dans la sonate, façon pour lui d’égrener le temps en moments individualisés. Chez Rachmaninov, le prélude est comme chez Chopin, une forme « qui ne prélude à rien d’autre qu’elle-même », mais là ou Scriabine en fait un instantané fugitif (parfois moins d’une minute), Rachmaninov développe davantage. Surtout, il y prolonge la tradition du piano romantique, héritage de Liszt et Rubinstein dont il est le dernier représentant. La virtuosité est puissante. Le piano carillonnant et les traits bondissants alternent avec la rêverie, la cantilène, l’élégie.

Méconnu de son vivant, Vsévolod Zaderatski sort de l’ombre depuis quelques années, en particulier grâce au pianiste Jascha Nemtsov qui s’en est fait l’ambassadeur infatigable. Exact contemporain de Prokofiev, formé au Conservatoire de Moscou, Zaderatski combat dans l’Armée blanche pendant la guerre civile. La répression s’abat sur lui à deux reprises. En 1926, il est emprisonné et ses œuvres détruites. Libéré en 1928, il est arrêté à nouveau en 1937. C’est au goulag, dans un camp de travail de la Kolyma, qu’il compose ses Vingt-quatre Préludes et fugues : sans piano, en écrivant sur des formulaires de télégramme faute de papier. L’œuvre reprend la structure du Clavier bien tempéré de Bach : succession de préludes et fugues dans l’ordre naturel des tonalités, majeures et relatives mineures. L’ensemble est créé en 2014 au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou où six pianistes se relaient pour interpréter les trois heures que dure la partition.

À l’opposé de Rachmaninov, le jeune Prokofiev ne ressent  aucune attirance pour le répertoire romantique. Ses camarades dans la classe de Mme Essipova, au Conservatoire de Saint-Pétersbourg, se rappelle des disputes mémorables entre l’élève et le professeur à ce sujet. Dès les années 1910, son écriture porte en germe le Prokofiev de la maturité : martèlement rythmique, lyrisme, sarcasme, dissonances tout en restant dans le discours tonal.

Le genre de la sonate l’accompagne cependant sa vie durant. La Deuxième, écrite en 1912, martèle avec jubilation les accords, tout particulièrement dans le Finale, mais la cantilène de l’Andante, comme l’épisode chantant du premier mouvement, font en même temps de cette sonate une page introspective et mystérieuse.

La Cinquième, la seule écrite pendant le séjour de Prokofiev à l’Ouest, est composée à Ettal (Alpes bavaroises) où le compositeur s’est installé afin de travailler à son opéra L’Ange de feu. Elle est modifiée par Prokofiev dans les derniers mois de sa vie (d’où le numéro d’opus 135, la première version étant pourvue du numéro 38), les modifications du compositeur affectant essentiellement le finale.
On n’y trouve plus de trépidation mais des tempos modérés et un lyrisme clair qui annonce celui des Sonatines de 1930 et 1931. Ludique en son deuxième mouvement au motif de valse piqué sur un accompagnement saccadé, la Cinquième est ailleurs souvent méditative, voire mystérieuse. Son charme tient à l’équilibre qui s’établit entre son classicisme, le chromatisme plus marqué que dans les sonates antérieures, et les dissonances du dernier mouvement.

Laetitia Le Guay

 

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