Dalberto / Liszt

Mardi 17 juillet 2018

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Date
Mardi 17 juillet 2018
Horaire
18:30 à 20:00*
Durée
1:30
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Opéra Berlioz
*Attention nous vous informons que les durées sont à titre indicatif et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Billets de 15 à 25€

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Programme

FRANZ LISZT  1811-1886
Bénédiction de Dieu dans la solitude,
extrait des Harmonies poétiques et religieuses
 

CESAR FRANCK  1822-1890
Prélude, choral et fugue 
 

FRANZ LISZT  1811-1886
La lugubre gondole
Richard Wagner – Venezia 
En Rêve, nocturne

 

CLAUDE DEBUSSY  1862-1918
Trois Images du 2e Cahier
 Cloches à travers les feuilles
 Et la lune descend sur le temple qui fut
 Poissons d’or

 

Michel Dalberto  piano

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Franz Liszt : transcendance et prémonition

Janvier 1824 : Liszt, âgé de quatorze ans, éblouit les salons parisiens, démarrant en trombe une vie d’errance et de gloire. Quarante ans plus tard, il reçoit les ordres mineurs au Vatican. Entre ces dates, une œuvre inclassable, qui pousse à ses confins la virtuosité transcendantale autant que le langage tonal.
Vingt années sont nécessaires à l’achèvement des Harmonies poétiques et religieuses. Dès 1833, Liszt découvre le recueil éponyme de Lamartine, marqué par un déisme incandescent, et écrit à Marie d’Agoult : « Ce que j’ai peine à m’expliquer, c’est l’inconcevable invasion (passez-moi ce mot), du sentiment religieux en moi… Ma vie est une prière, une adoration perpétuelle. » En 1853, dix pièces composées à partir du poète français sont publiées, parmi lesquelles la Bénédiction de Dieu dans la solitude. Pour cette fresque poético-religieuse, Liszt insère des extraits du texte de Lamartine et déploie un piano inouï, où la ferveur passe par l’enchantement sonore des trilles, des jeux d’échos, du long chant éteint dans le silence. « Je m’entêtais à demeurer tranquille dans mon coin sauf à y travailler de devenir de plus en plus incompris » : l’ultime œuvre pianistique de Liszt est bien loin de la renommée virtuose des années 1830. Esseulé, refusant que l’on joue ses dernières pièces, le compositeur des années 1880 est obsédé par la mort, dont la présence bouleverse sa langue. « Ma seule ambition de musicien était et serait de lancer mon javelot dans les espaces infinis de l’avenir. » Ainsi La Lugubre Gondole, écrite en 1883, six semaines avant la mort de Wagner à Venise, parcourt les abîmes du clavier. Si la longue mélodie peu à peu effacée d’ « En rêve » convoque discrètement le souvenir de la génération de 1830, l’élégie Richard Wagner Venezia (1883) constitue l’adieu incontestable à l’ami disparu. En associant le thème de son oratorio Les Cloches de la cathédrale de Strasbourg au motif de la cérémonie mystique de Parsifal, Liszt revendique son étroite parenté avec le maître de Bayreuth.
Deux héritiers de Liszt s’inscrivent dans la sphère francophone : en 1884, le Prélude, choral et fugue de Franck reprend l’idée d’une fresque religieuse au piano. C’est à l’ombre tutélaire de Bach l’organiste que le musicien belge emprunte ses puissantes registrations à la main gauche. En 1907, le jeune Debussy annonce à son éditeur que les trois pièces d’Images : «  se tiennent et qu’ils prendront leur place dans la littérature de piano…, à gauche de Schumann ou à droite de Chopin ». L’inspiration funèbre des « Cloches à travers les feuilles », évocation du glas de la Toussaint renvoie au dernier Liszt. L’harmonie révolutionnaire, la puissance évocatrice de la Chine de « Poissons d’or » ou de « Et la Lune descend sur le temple qui fut » ouvrent grand la voie au XXe siècle de Messiaen et de ses contemporains.

Charlotte Ginot-Slacik
 

 

Artistes présents

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