Justin Taylor, clavecin

 Lundi 24 juillet

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Date
Lundi 24 juillet 2017 *
Horaire
12:30 à 13:30*
Durée
01:00
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Salle Pasteur
*Attention nous vous informons que les durée sont à titre indicatifs et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Gratuit

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80 places par concert sont proposées au public au prix de 5€.
Ces billets solidarité permettent l'accès privilégié à la salle avec le choix de sa place 15 minutes avant l'ouverture au public.
Ces billets sont en vente sur le site internet ou à la billetterie du Festival et l'intégralité de la recette est reversée à la Banque Alimentaire de l'Hérault.

 

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Chromatismes


JEAN-SEBASTIEN BACH 1685 – 1750
Fantaisie chromatique BWV 903

JEAN-PHILIPPE RAMEAU 1683 – 1764
Suite en sol mineur (Nouvelles suites de pièces de clavecin)
L’Enharmonique
L’Égyptienne


JEAN-SEBASTIEN BACH 1685 – 1750
Toccata en mi mineur BWV 914

 
JEAN-PHILIPPE RAMEAU 1683 – 1764
Suite en la mineur (Nouvelles suites de pièces de clavecin)
 

JAN PIETERSZOON SWEELINCK 1562-1621
Fantasia chromatica


DOMENICO SCARLATTI 1685-1757
Sonate K 115


JEAN-BAPTISTE FORQUERAY 1699-1782
Jupiter, extrait de la 5ème suite en do min

 

Justin Taylor, clavecin

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En réunissant des compositeurs aussi différents que le Français Antoine Forqueray ou l’Allemand Johann Sebastian Bach, Justin Taylor met en lumière la fascination des musiciens européens pour un principe aux possibilités inépuisables : le chromatisme.

Le système tonal permet d’exploiter l’organisation des sept notes de la gamme diatonique (do ré mi fa sol la si, dans la tonalité de do majeur) ; dans ce cadre, les notes ajoutées entre les paliers de cette échelle font exception. L’emploi de chromatismes consiste à utiliser des notes extérieures à cette échelle en privilégiant les successions de demi-tons (le plus petit écart entre deux notes). Ce procédé particulièrement expressif est employé tout au long de l’histoire de la musique pour exprimer les mouvements de l’âme. La gamme chromatique descendante figure fréquemment la mort, la déploration et la douleur, comme lors de la mort de Didon dans l’opéra Didon et Énée de Henry Purcell (1659-1695). Le chromatisme ascendant, souvent tourmenté mais plus dynamique, privilégie l’expression du lyrisme et de la volonté, à l’exemple des fusées de la Sonate K. 115 de Domenico Scarlatti (1685-1757). En somme, le chromatisme est à la musique ce que les nuances de couleurs sont à la peinture : il permet d’exprimer les dégradés les plus fins de l’art.

Le mouvement chromatique descendant est aussi régulièrement utilisé dans les formes instrumentales qui se développent au début du xvie siècle, comme en témoignent de nombreuses pièces (ricercare, fantaisie, canzone). Les Lachrimae de John Dowland (1563-1626) en sont un parfait exemple, tout comme la monumentale Fantasia chromatica de Jan Pieterszoon Sweelinck (1562–1621). C’est dans cette tradition que s’inscrit Johann Sebastian Bach (1685-1750) lorsqu’il compose dans sa jeunesse la Toccata en mi mineur, et plus tard son étonnante Fantaisie chromatique et fugue en ré mineur dans les années 1720.

Ce procédé hors cadre permet aussi de jouer avec les règles qu’impliquent la musique tonale, et ouvre des portes dérobées vers des nouveaux chemins harmoniques, de nouvelles tonalités et des couleurs imprévues qui peuvent surprendre l’auditeur. Aussi, Jean-Philippe Rameau (1683-1764) s’en explique-t-il dans la Préface à ses Nouvelles suites de pièces de clavecin (1728) : « L’effet qu’on éprouve dans la douzième mesure de la reprise [c’est-à-dire dans la deuxième partie]  de l’Enharmonique ne sera peut-être pas d’abord du goût de tout le monde ; on s’y accoutume cependant pour peu qu’on s’y prête, et l’on en sent même toute la beauté, quand on a surmonté la première répugnance que le défaut d’habitude peut occasionner en ce cas. ». Rameau, compositeur mais aussi grand théoricien, justifie son langage musical par de nombreux traités et pose ainsi les bases théoriques de la tonalité telle qu’elle est développée à la fin du xviiie siècle.

Adrien LOUIS

 

 

Artistes présents

Avec l'aide de

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 Diffusé sur France Musique

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