Rencontres de Pétrarque

Lundi 10 juillet

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Date
Lundi 10 juillet 2017 *
Horaire
17:00 à 18:30*
Durée
01:30
Lieu
Montpellier [34] - Rectorat / Cour Soulages
*Attention nous vous informons que les durée sont à titre indicatifs et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Gratuit

 

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31es  RENCONTRES DE PÉTRARQUE

du 10 au 14 juillet 2017 - 17h - 18h30

« 2017 : révolutions ou contre-révolutions ? »
animées par Hervé Gardette  - France Culture
& Jean Birnbaum - Le Monde

Réalisées par Nathalie Salles

Diffusion en direct sur France Culture du 10 au 14 juillet de 17h à 18h

Leçon Inaugurale
JEAN-CLAUDE MILNER

 

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2017 : Révolutions ou contre-révolutions ?

Le XXe siècle a été dominé par la croyance révolutionnaire. Le XXIe siècle l’a abandonnée. Mais cela ne veut pas dire que le mot révolution ait disparu ni qu’il ait perdu toute signification. Bien au contraire. On ne croit plus qu’un fil rouge noue ensemble 1789, 1793, 1848, 1917, 1949, etc. On ne croit plus que, pour comprendre le mot fatidique, il faille méditer indéfiniment sur la prise du pouvoir par le Parti bolchevik ou le Parti communiste chinois. De là suit une conséquence : les conditions d’usage du vocable se sont assouplies. Depuis que la croyance révolutionnaire s’est affaiblie, on peut donc parler de révolution à peu près sans contrôle.

Dans la fameuse formule de Sieyès sur le tiers-état, « il veut être quelque chose », une crise s’annonce : tous les avantages ayant été distribués d’avance, l’individu né au sein du tiers-état ne peut rien espérer. La notion de carrière n’a aucun sens pour lui ; elle est réservée aux nobles et aux ecclésiastiques. « Parvenir » est devenu impossible au plus grand nombre.

Or, on croirait qu’il en va de même dans la France d’aujourd’hui. J’ai moi-même vécu des périodes de fluidité. Quand il en est ainsi, la notion d’avenir a un sens ; chacun est convaincu qu’il vivra mieux un jour prochain et, si ce n’est pas mieux, ce sera du moins autrement. Qui croit cela de nos jours ? Nul ne sort de son groupe de naissance ; s’il le tente, tout l’entrave ; s’il y parvient, le mépris et la calomnie le menacent. La France de 2017 ressemble davantage à celle de 1788 qu’à celle des années 1960. Elle est redevenue un pays d’inégalités rigides. Il ne faut donc pas s’étonner que le lexique de la révolution revienne.

 

Jean-Claude Milner


Né en 1941 à Paris, il a enseigné la linguistique à Nanterre et à Paris 7 ; il a présidé le Collège International de Philosophie. Après avoir assisté aux séminaires d’Althusser et de Lacan,  il a suivi les enseignements de Jakobson à Harvard et de Chomsky au MIT. Sous la forme du maoïsme, la politique s’est imposée à lui de 1968 à 1973. De la linguistique comme science à l’être parlant comme réel, de l’être parlant solitaire à la multitude politique, de la langue à la langue, il n’a jamais renoncé à croiser les diverses lignes de recherche que dégageait son parcours. Ses derniers travaux portent sur la Révolution française et sur l’état de la France à la veille de la dernière élection présidentielle.

 

 

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