Au Temps de la Revolution française

Dimanche 23 juillet 2017

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Date
Dimanche 23 juillet 2017 *
Horaire
20:30 à 22:30*
Durée
02:00
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Salle Pasteur
*Attention nous vous informons que les durée sont à titre indicatifs et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Billets de 12 à 18€

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Dans le cadre de la Journée (R)évolution(s)

Au Temps de la Révolution Française


 


JOSEPH HAYDN 1732-1809
Symphonie n°82 en ut Majeur « L’Ours »
Vivace
Allegretto


FRANÇOIS DEVIENNE 1763-1817
Symphonie concertante n°4 pour flûte, hautbois, basson et cor en fa Majeur
Allegro
Air varié

Tami Krausz  flûte
Emma Black   hautbois
Javier Zafra  basson
Pierre-Antoine Tremblay cor

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LUDWIG VAN BEETHOVEN 1770-1827
Quatuor à cordes n°4 en ut mineur opus 18 n°4

Quatuor Cambini
Julien Chauvin  violon
Karine Crocquenoy  violon
Pierre-Eric Nimylowycz  alto
Atsushi Sakaï  violoncelle

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JEAN-BAPTISTE  DAVAUX 1742-1822
Symphonie concertante en sol Majeur mêlée d’airs patriotiques pour deux violons principaux

Julien Chauvin - Chouchane Siranossian  violons

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JOSEPH HAYDN 1732-1809
Symphonie n°82 en ut Majeur « L’Ours »
Minuetto – Trio
Finale : Vivace assai


Le Concert de la Loge
Quatuor Cambini
Julien Chauvin direction et violon

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Musique au temps de la Révolution française
« À l’ours ! criait-elle d’une voix aiguë, à l’ours ! des fusils !… il emporte une femme ! tuez-le ! feu ! » : empruntée à l’ultime nouvelle de Prosper Mérimée, Lokis, dont c’est la phrase-clef, cette exclamation pourrait bien jaillir d’une jolie bouche quand, au lieu du Menuet de la symphonie L’Ours de Joseph Haydn, dont les deux premiers mouvements auront ravi l’auditoire, quatre souffleurs viendront soumettre leur virtuosité à l’approbation du public. Diable ! Mais, quitte à tuer L’Ours en le démembrant (car le Menuet et le Final seront exécutés en clôture du concert), est-ce au moins en faveur de la Symphonie concertante de Mozart ?  Nenni, elle est signée Devienne…

« Devienne ? connais pas ! À l’Ours, À l’Ours ! qu’il emporte ce petit maître et ses semblables juste bons à vider les salles de concert ! »

Petit maître, François Devienne ? Qui l’eût dit en son temps d’un flûtiste virtuose, auteur de douze concertos pour son instrument, des Visitandines (1792) dont un air est resté longtemps populaire, de quantité de duos, trios et quatuor avec flûte et d’une méthode célèbre ? C’est avec Mozart seulement, son aîné de trois ans, que Devienne eut à compter. Car, s’il composa une messe à dix ans, Wolfgang, au même âge, en était déjà à l’opéra… En dépit de ce qu’on peut lire ici ou là, ils n’ont pas pu se rencontrer à Paris en 1778 et il n’est pas même sûr qu’à l’époque où il composait cette symphonie concertante (1788 ?) Devienne ait connu quelques partitions de Mozart ; en revanche, entré en 1784 dans l’Orchestre de la Loge olympique qui créa en 1787 les six symphonies commandée à Haydn (n° 82 à 87), Devienne a dû entendre, voire jouer L’Ours.

« Et au beau milieu de la symphonie, crac ! saisi par l’envie d’écrire une symphonie concertante, il pose sa flûte… À l’ours ! à l’ours ! »

Du calme : le concert, tel que nous le connaiss(i)ons – une ouverture, un concerto et une symphonie –, est une invention de la seconde moitié du XIXe siècle. Auparavant les concerts pouvaient durer trois heures et offrir chœurs, mouvements de symphonie ou de quatuor, solos de basson ou de harpe, Lieder de Schubert avec piano… le choix et la succession des (fragments d’) œuvres obéissant aux lois du contraste et du succès : on commençait et finissait par ce qui plaisait le plus. Et déjà au Concert de la Loge olympique…
« Qui n’existait plus en 1799 quand Beethoven composa ce quatuor opus 18 ? Était-il assez ours pour… »

…ressembler au comte Szemioth, le héros hybride de Mérimée qui dévora… ? Non, malgré ses manières et ses yeux rapprochés. Mais il avait été l’élève de Haydn et si la Symphonie n° 82 doit son nom à son final inspiré de la musique des montreurs d’ours, le refrain du rondo qui clôt le quatuor est de la même trempe.

Et Davaux ? Violoniste et compositeur, il contribua à la vogue des symphonies concertantes, en ayant lui-même signé treize. Celle qu’on découvrira ce soir date de 1794. Très apprécié des amateurs pour lesquels il écrivit d’abondance il l’était aussi de la critique. Le Mercure assurait que ses ouvrages « flattent également les oreilles savantes et celles qui ne le sont pas ».

Gérard Condé

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Nom Mise à jour