Le piano russe - Récital Boris Berezovsky

Jeudi 20 juillet 2017

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Date
Jeudi 20 juillet 2017 *
Horaire
20:30 à 22:00*
Durée
01:30
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Opéra Berlioz
*Attention nous vous informons que les horaires sont à titre indicatifs et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Billets de 10 à 40€

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Le piano Russe

SERGE RACHMANINOV 
1873-1943
Sonate n°1 en ré mineur op. 28

MILY BALAKIREV  1837-1910
Deux Scherzos
Trois Mazurkas
 
SERGE LIAPOUNOV  1859-1924
Lezginka, étuded’exécution transcendante op. 11 n°10


Boris Berezovsky,  piano

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Piano russe

En 1907, Rachmaninov vit à Dresde où il s’est installé un an plus tôt afin d’éloigner sa famille de l’agitation politique russe. C’est là qu’il compose la première de ses deux sonates, et la moins connue des deux également, une vaste partition de près de quarante minutes. Le genre de la sonate pour piano connaît une inventivité particulière sous la plume des Russes en ce début de XXe siècle. La même année 1907, avec sa Sonate n°5, Scriabine abandonne la structure en plusieurs mouvements, pour un tout continu d’une dizaine de minutes. Ses cinq dernières sonates auront toutes cette brièveté et cette unité. Rachmaninov, comme Scriabine, explore la forme dans un mouvement inverse : d’expansion plutôt que de concentration, en cherchant à opérer la synthèse de la grande sonate romantique pour piano et de la symphonie à programme. La référence est Liszt. Les trois mouvements de la Sonate en ré mineur, comme ceux de la Faust-Symphonie de Liszt, s’inspirent des personnages principaux du Faust de Goethe : Faust, Marguerite puis Méphistophélès.
« Corps sonore en perpétuelle ébullition » (Jacques-Emmanuel Fousnaquer), cette Première Sonate est lisztienne dans sa prolixité et sa puissance, tout en faisant place à des moments de grande intériorité : le deuxième thème du premier mouvement, qui s’élève comme un choral, avec répétition de la note de ré, et bien sûr le mouvement central, Lento. Affleure dans le troisième mouvement le motif grégorien du dies irae, si fréquent dans l’œuvre de Rachmaninov et particulièrement dans la Première Symphonie et L’Île des morts.

Figure de proue du groupe des Cinq, adepte d’une musique russe qui ne doit pas être la pâle copie de la musique occidentale, Mily Balakirev, produit surtout des pièces brèves. Ses sept mazurkas et trois scherzos se situent dans le sillage de Chopin, qui restera, avec Liszt, une figure tutélaire pour trois générations de pianistes-compositeurs : Balakirev, âgé de soixante-dix ans en 1907, Liapounov qui en a cinquante, les cadets Scriabine et Rachmaninov qui en ont une trentaine.

Fils d’un astronome et frère d’un mathématicien, Serge Liapounov a un début de carrière rapide sous l’attention bienveillante de Balakirev, son mentor. Il quitte la Russie bolchévique en 1923 pour la France, où il meurt six ans plus tard. Ses Douze études d’exécution transcendante, écrites en référence à celles de Liszt, portent des titres comme chez Liszt : Berceuse, Ronde des fantômes, Carillon, Tempête, etc. Dans l’esprit du groupe des Cinq, Liapounov fait sa place à l’orientalisme et au folklore : Byline (chant épique), Terek (fleuve caucasien), ou Lezghinka, une danse caucasienne virtuose toujours très appréciée aujourd’hui dans les fêtes. Cette Lezghinka, dixième des Douze Études d’exécution transcendante de Liapounov,  est aussi un hommage à Islamey de Balakirev : tournée elle-aussi vers l’Orient, et d’une vélocité aussi périlleuse que celle de Liapounov pour les pianistes.

Laetitia Le Guay


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