Aux confins de l'Empire

Mercredi 19 juillet 2017

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Date
Mercredi 19 juillet 2017 *
Horaire
20:00 à 22:00*
Durée
02:00
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Opéra Berlioz
*Attention nous vous informons que les horaires sont à titre indicatifs et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Billets de 10 à 40€

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Aux confins de l'Empire

 

Modest Moussorgski (1839-1881) :
La Khovantchina, ouverture

Aram Khatchatourian (1903-1978) :
Concerto pour violon et orchestre

Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) :
Symphonie n° 2 en ut mineur, op. 17 « Petite Russie »


Renaud Capuçon, violon
Orchestre National de France
Emmanuel Krivine, direction

 

 

AVEC L’AIDE DE LA CAISSE D’EPARGNE LANGUEDOC-ROUSSILLON

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RUSSIE, ARMENIE, UKRAINE

Parfois rebaptisée « Matin sur la Moskova », l’ouverture de La Khovantchina n’annonce pas vraiment les chœurs et les monologues enflammés qui font la trame de cet opéra rugueux laissé inachevé par Moussorgski et créé en 1886, cinq ans après la mort du compositeur, dans une version signée Rimski-Korsakov. Il s’agit d’une évocation qui va crescendo, avec une espèce de carillon lointain suivi d’une séquence épique, après quoi la musique s’achève paisiblement.

Changeons d’époque : Aram Khatchatourian, compositeur arménien né en Géorgie, a notamment composé des ballets (qui ne connaît la « Danse du sabre » de Gayaneh ?) et plusieurs concertos dont un Concerto pour violon dédié à David Oïstrakh et créé par ce dernier à Moscou. Khatchatourian fait ici ce que le pouvoir soviétique attendait de lui : inutile de guetter une allusion aux recherches d’un Schönberg, qui auraient été immédiatement qualifiée de formalisme ! Il ne force pas pour autant sa nature : virtuosité et motifs folkloriques stylisés caractérisent le premier mouvement, cependant que le deuxième prend l’aspect d’une valse lente et le dernier celui d’une fête populaire comme peuvent l’être les finales de certaines symphonies de Tchaïkovski.

Ce dernier en effet, à l’inverse de Moussorgski, eut à cœur d’illustrer les formes cultivées en Occident et composa six symphonies. Les trois premières, variées d’atmosphère, sont encore des œuvres d’insouciance créatrice. A partir de la Quatrième, Tchaïkovski exprime ses obsessions : l’angoisse métaphysique le ronge, il est hanté par le fatum. Sa dernière symphonie sera son testament.

Commencée en Ukraine, la Deuxième symphonie est sous-titrée « Petite Russie » : c’est en 881 en effet que l’actuelle capitale de l’Ukraine, Kiev, devint la première capitale de la Russie à l’initiative du prince Oleg de Novgorod. L’Ukraine a donc existé avant la Russie pour la simple raison qu’elle fut, d’une certaine manière, la première Russie ; c’est pourquoi on l’appela longtemps, familièrement, « Petite Russie ».

Cette partition, pleine de sève populaire et de chaleur, fut jouée une première fois en 1873 puis remaniée sept ans plus tard à Rome et créée, dans cette nouvelle version, en 1881. L’introduction du premier mouvement s’appuie sur la chanson populaire ukrainienne « En descendant la Volga » et s’enchaîne à un Allegro abrupt. L’insolite et splendide mouvement lent est repris d’Ondine, opéra perdu de Tchaïkovski. Il prend l’allure d’une marche nocturne suivie d’une section lyrique qui rappelle la douceur rêveuse du début du premier mouvement.

Le troisième mouvement est le plus singulier : avec ses cordes incisives, ses bois grinçants et ses syncopes, on peut lui trouver quelque chose de berliozien ; le trio central glissant d’une ambiance pastorale à des couleurs diaboliques. Quant au finale, c’est une fête qui s’appuie de nouveau sur une chanson ukrainienne (« La Grue ») et clôt la symphonie dans une franche simplicité.

Christian Wasselin

Avec l'aide de

Caisse d'épargne Languedoc-Roussillon

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