L'Année 1917

Lundi 17 juillet 2017

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Date
Lundi 17 juillet 2017 *
Horaire
20:00 à 22:00*
Durée
02:00
Lieu
Montpellier [34] - Le Corum / Opéra Berlioz
*Attention nous vous informons que les horaires sont à titre indicatifs et sont susceptibles de varier en fonction du ou des artistes, ainsi que du nombre de rappels.

Billets de 10 à 40€

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L’Année 1917

 

ANTONÍN DVOŘÁK 1841-1904
Concerto pour violoncelle

DMITRI CHOSTAKOVITCH  1906-1975
Symphonie n°12 « L’Année 1917 »

Petrograd révolutionnaire
Razliv
Aurore
L’Aube de l’humanité


Edgar Moreau violoncelle
Orchestre National du Capitole de Toulouse
Andris Poga direction

 

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1917 : l’Orchestre National du Capitole de Toulouse et Andris Poga (qui étaient déjà les hôtes du Festival en 2016) nous emmènent tout droit au coeur de cette année terrible avec la Douzième symphonie de Chostakovitch, dite « 1917 », créée et composée en 1961,dont chaque mouvement décrit les épisodes qui ont conduit à la Révolution d’Octobre...  

L’Année 1917

1917 : l’Orchestre National du Capitole de Toulouse et Andris Poga (qui étaient déjà les hôtes du festival en 2016) nous emmènent tout droit au cœur de cette année terrible avec la Douzième symphonie de Chostakovitch, dite « 1917 », créée et composée en 1961, dont chaque mouvement décrit les épisodes qui ont conduit à la Révolution d’Octobre. En soliste, le jeune Edgar Moreau se confronte au chef-d’œuvre du répertoire romantique pour violoncelle : le concerto de Dvorak.


Le Concerto pour violoncelle est la dernière œuvre importante composée par Dvořák aux États-Unis, où il dirigeait le Conservatoire de New York depuis l’automne 1892. Commencé en 1894, l’année où Nicolas II devint tsar de Russie, il fut créé le 19 mars 1896 au Queen’s Hall de Londres par Leo Stern, sous la direction du compositeur.
Tandis que la Symphonie dite « Nouveau Monde » et le Quatuor à cordes n° 12 s’étaient nourris de musiques américaines, le Concerto pour violoncelle regarde vers la terre tchèque, comme en témoigne son lyrisme slave, le rythme dansant et le caractère populaire du Finale. Par ailleurs, Dvořák confie des traits redoutables à l’instrument soliste, mais ne recherche jamais la virtuosité pour elle-même. Le violoncelle chante avant tout, soutenu dans ses solos par un effectif restreint.
Toute démonstration de virtuosité serait d’ailleurs déplacée, lorsqu’on décrypte le secret enfoui par le compositeur. Au milieu du mouvement lent, un tutti sombre et fortissimo contraste avec les pages précédentes, puis le violoncelle cite Laßt mich allein (« Laissez-moi aller seul »), la première des Quatre mélodies pour voix et piano op. 82 (1887). Dans la coda du Finale, elle est jouée par un violon solo doublé par quelques bois. Or, Dvořák avait composé Laßt mich allein pour sa belle-sœur Josefina, dont il fut amoureux en 1865. Il semble n’avoir jamais avoué sa flamme. En 1873, il épousa Anna, la sœur cadette. Pendant la composition du Concerto pour violoncelle, il apprit la maladie de Josefina, qui mourut le 27 mai 1895. De fait, sa musique empreinte de mélancolie et de nostalgie évoque un amour de jeunesse et des blessures que le deuil ravivait.

On fait un bond de soixante-cinq ans, de Dvorak à Chostakovitch. Une symphonie sur la vie de Lénine : tel était le projet de Chostakovitch, qui envisageait d’inclure un chœur et des poèmes de Maïakovski, Djabaev et Stalski. Elle aurait prolongé la Symphonie n° 2 « À Octobre » (1927) dont le dernier mouvement exaltait la figure de Lénine sur un texte de Bezymenski. Puis le compositeur s’orienta vers une œuvre purement instrumentale, tout en conservant l’idée du programme « historique », comme dans ses Symphonies n° 7 « Léningrad » (1941) et n° 11 « L’année 1905 » (1957). Les quatre mouvements, joués sans interruption, évoquent des lieux et événements de l’année 1917 : la ville de Pétrograd (rebaptisée Léningrad en 1924, à la mort de l’homme d’État) ; Razliv où, pendant l’été, Lénine se cacha et prépara la Révolution d’octobre ; l’Aurore, nom du cuirassé dont le tir donna le signal de l’attaque contre le Palais d’hiver.
Pour les Russes de 1961, le message de l’œuvre était clair, grâce à la citation de plusieurs chants révolutionnaires (certains d’entre deux résonnaient déjà dans sa Symphonie n° 11). Mais l’auditeur occidental ignorant ces hymnes percevra aisément la trajectoire menant de l’ombre à la lumière, de l’incertitude lourde de menaces à la victoire triomphale. Les trois premiers mouvements commencent pianissimo dans un climat tendu. Ils contiennent des thèmes qui jalonnent l’œuvre entière, se mêlent dans des épisodes figurant d’âpres combats. Comme c’est souvent le cas chez Chostakovitch, les accents glorieux restent ambigus : s’il est tentant de les interpréter au premier degré, on peut également les entendre comme un regard critique et ironique sur un régime auquel le musicien ne prêterait allégeance qu’en apparence.  

Hélène Cao

 

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